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Montreuil : « une démonstration de force inutile », pour Dominique Voynet NOUVELOBS.COM | 14.07.2009

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Dominique Voynet dénonce ainsi l’intervention des policiers lundi soir lors d’une manifestation de protestation après qu’un jeune homme a été blessé grièvement à l’œil par un tir de flashball la semaine dernière.

A Montreuil (AFP)

A Montreuil (AFP)

La maire de Montreuil, a dénoncé mardi 14 juillet, de la part de la police « une démonstration de force totalement inutile qui a généré à son tour le désordre », au lendemain des affrontements qui ont opposé manifestants et policiers dans sa ville. Entre 250 à 300 personnes protestaient lundi soir contre l’expulsion mercredi dernier de plusieurs squatters qui occupaient une ancienne clinique, au cours de laquelle un homme affirme avoir perdu un œil à la suite d’un tir de flashball par les policiers. Pour Dominique Voynet (Verts), interrogée sur France Info, la « manifestation dans laquelle la tension était palpable, dans laquelle aucune violence n’a été commise » a « été dissoute assez violemment par les forces de l’ordre ». Elle a ajouté que les policiers « ne se sont pas contentés de séparer les manifestants » mais ont « plaqué violemment un bon nombre d’entre eux contre les murs » et « les ont frappés à coup de matraque » et « arrosés de gaz lacrymogène, devant des habitants de la ville totalement stupéfaits et effarés ».

Les violences « des policiers »

Reconnaissant « que certains manifestants étaient venus avec l’envie d’en découdre » mais « qu’ils étaient une toute petite minorité« , Dominique Voynet a estimé « que c’est le métier des policiers de séparer la grande masse des manifestants pacifiques et de faire en sorte de cantonner les personnes qui pourraient être tentées d’en faire plus. Il se trouve que ça na pas été le cas ». L’ordre de dissoudre la manifestation, qui « apparemment venait d’en haut », est « arrivé à un moment où les manifestants étaient totalement pacifiques et tranquilles », a-t-elle dit. Elle a demandé une « enquête indépendante » pour « permettre de dire exactement s’il a y eu des violences, quelles étaient ces violences ». « Je ne pense pas pour ma part qu’elles venaient des manifestants, elles venaient surtout des policiers », a-t-elle ajouté, en indiquant qu’elle allait saisir la commission nationale de déontologie de sécurité.

« En Iran, on tire sur les gens »

A la question de savoir si la manifestation avait été autorisée, la maire de Montreuil a reconnu que la manifestation n’avait pas été déclarée et qu’elle ne pouvait pas « être considérée comme explicitement autorisée ». Toutefois, a-t-elle dit, « à ma connaissance, elle n’était pas non plus interdite, donc la liberté de manifester son opinion devait être respectée ». Elle a enfin mis en cause le comportement du directeur départemental de la sécurité publique qui, interpellé par des habitants, aurait rétorqué : « si vous n’êtes pas contents, il faut être conscient du fait qu’en Iran, on tire sur des gens ». Selon Dominique Voynet, il n’y a pas eu de blessés lors de ces affrontements et douze personnes ont été interpellées, « un peu au hasard » dont « un journaliste du Monde« , puis remises en liberté.

Tir de flashball

Plusieurs centaines de manifestants, qui s’étaient regroupés lundi 13 juillet en fin d’après-midi à Montreuil pour protester contre les « violences policières », ont affronté les forces de l’ordre pendant près d’une heure. La manifestation a débuté vers 19h à la Croix de Chavaux, non loin de l’ancienne clinique radiologique près de laquelle un jeune homme a été blessé par un tir de flashball la semaine dernière lors d’un rassemblement après l’expulsion de squatters. Un premier face à face tendu s’est produit entre forces de l’ordre et manifestants, non loin de la mairie, durant lequel ces derniers ont tiré à l’aide de mortiers de feu d’artifices et de fusées en direction des gardes mobiles qui n’ont pas répliqué.

Parcours modifié


Dans un souci d’apaisement, les organisateurs de la manifestation ont cherché à modifier le parcours pour éviter que le face à face ne se prolonge, repartant vers la Croix de Chavaux. Un nouveau face à face s’est produit peu avant 21h au niveau du marché de la Croix de Chavaux, forces de l’ordre et manifestants se trouvant de part et d’autres. Les forces de l’ordre ont alors chargé la queue de la manifestation, entraînant la réplique de nombreux manifestants par des jets de projectiles, de chaises et de peinture. Les gardes mobiles ont par la suite chargé à plusieurs reprises, faisant également usage de gaz lacrymogènes et procédant à diverses interpellations.

Appel à la retenue


Peu avant la manifestation, Dominique Voynet, avait exprimé lors d’un point presse son espoir quant à « la discrétion et à la retenue des forces de l’ordre lors de cette manifestation ». « La police doit avoir le comportement le plus exemplaire possible et le plus respectueux des droits et des libertés » a par ailleurs déclaré Dominique Voynet, qui a tenu à préciser qu’il n’y avait « aucune volonté d’attaquer la police, simplement les comportements non acceptables et non acceptés par la hiérarchie ».

Expulsion


Les manifestants protestaient contre l’expulsion mercredi de plusieurs squatters qui occupaient une ancienne clinique, au cours de laquelle un jeune homme affirme avoir perdu un oeil, à la suite d’un tir de flash-ball par les policiers. Le Parti Socialiste a demandé lundi que l’Inspection générale des services (IGS) de la police et la Commission nationale de déontologie de la sécurité « puissent faire toute la lumière » sur ce « grave incident ». D’après la mairie de Montreuil, la victime, Joachim Gatti, fait partie du mouvement autonome qui dénonce notamment la cherté des loyers à Paris et dans certaines banlieues parisiennes.
(Nouvelobs.com avec AFP)

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