Hortefeux porte plainte contre des témoins cités par l’AFP et Liberation.fr Libération 03-09-09

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Le ministre de l’Intérieur porte plainte pour «diffamation» contre des témoins accusant la police d’avoir provoqué le décès d’un jeune homme à Bagnolet cet été.

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Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux.

Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux. (© AFP Pierre Verdy)

Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a «porté plainte» auprès du parquet de Paris pour «diffamation envers la police nationale» contre les auteurs de propos rapportés dans l’AFP et Libération.fr, accusant la police d’avoir provoqué le décès d’un jeune homme en Seine-Saint-Denis, a indiqué mercredi le ministère.

Après la mort de Yakou Sanogo alors qu’il tentait d’échapper à un contrôle de police, le 9 août à Bagnolet, plusieurs personnes ont témoigné dans la presse en affirmant que la voiture de police avait «poussé» ou qu’il y avait eu «contact» entre elle et la motocyclette de la victime.

Le rapport des spécialistes de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) chargé de l’enquête d’accidentologie a conclu qu’il n’y avait eu aucun contact entre la moto du jeune homme et la voiture de police.

Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur mentionne les propos visés par la plainte: dans l’AFP, un jeune du même quartier que la victime affirmait que la voiture de police «l’a poussé, c’est de la faute des policiers, ils l’ont tué». Un autre habitant, anonyme, assurait dans Libération.fr: «la voiture de police, à hauteur de la moto, s’est rabattue contre elle. Il y a eu un impact», ajoute le communiqué.

La plainte de M. Hortefeux «vise les seules personnes qui ont tenu ces propos, et non les media qui en ont rendu compte», a-t-on souligné mercredi au ministère de l’Intérieur, interrogé par l’AFP.

Cette plainte est déposée contre «les personnes, certaines dénommées (AFP) et d’autres non identifiées (Libération.fr), et ces seules personnes là», a-t-on ajouté de même source.

Par le passé, le ministère de l’Intérieur a déjà déposé des plaintes pour injures ou diffamation envers la police, notamment contre des textes de rap, soit à l’occasion de concerts, de la sortie d’un disque ou de vidéos diffusées sur internet.

Libération revient longuement, dans son édition de vendredi, sur la plainte du ministre de l’Intérieur et ses implications en matière de liberté d’informer. En tout état de cause, Liberation.fr maintient l’intégralité de ses informations sur cette affaire.

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