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Archive pour juillet 2010

Pause Centre Presse 09-07-10

Vendredi 9 juillet 2010

Poitiers n’en finit plus de se débattre, cernée qu’elle est par deux affaires judiciaires qui lui pèsent sur la conscience et la morale. La première, un peu lointaine, est pourtant toujours dans les esprits. Si loin, si proche. C’était le 10octobre 2009. Ce jour où la paisible capitale régionale découvrait les casseurs de rue. S’en était suivie une comparution immédiate, dans l’urgence, sur laquelle planait l’ombre du pouvoir politique. Et du coup, celle du doute. Hier, la justice a pris son temps. Elle a même cherché à l’arrêter. A la barre, le président d’audience a choisi le mode pause. Il a figé la course-poursuite, gelé la scène du «crime». Posé des dizaines de questions, aux prévenus, comme aux policiers. Une sorte de projection en 3D, comme dans les séries policières, mais en version orale, à l’ancienne. Les faits décortiqués à l’extrême. Hier, la justice s’est appliquée à faire la lumière. Pour laver, inconsciemment peut-être, cette tâche d’ombre du 10octobre.

Jean-Yves LE NEZET

Justice en public CP 09-07-10

Vendredi 9 juillet 2010

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60 à 80 personnes sont venues soutenir les prévenus.

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Soixante à quatre-vingts personnes ont répondu hier à l’appel du Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux pour soutenir les six prévenus. Tous n’ont pas trouvé de place dans la salle d’audience surchauffée, même si le président du tribunal a clairement invité les policiers à les laisser entrer «tant qu’il y aura des places assises». Pas question de rendre la justice en catimini dans une affaire qui a déjà fait couler pas mal d’encre. Les familles des prévenus et leurs amis ont pu trouver une place. Les policiers qui se sont constitués parties civiles aussi. A l’extérieur, sur les marches, un autre groupe s’était mis à l’ombre. «Il n’y a pas que des gens d’ici», remarque un policier. «On vient du sud de la France, pour soutenir des camarades», confirmera un jeune homme, soupçonneux à l’égard de ce journaliste qui photographie la scène: «Vous n’êtes pas de la police?»
Pendant l’audience, le public est plutôt calme. Il bruisse un peu quand un policier dit de l’une des prévenues «qu’elle avait une force supérieure à la normale». Il sourit quand le commissaire Papineau est titillé par les avocates. Et rigole carrément quand un autre policier explique qu’un prévenu a pu se blesser en donnant des coups de tête sur le sol. Le fonctionnaire ne bronche pas. Chaque camp reste ferme sur ses principes. Mais, au moins, tous ont la parole. En public.

Jean-Yves LE NEZET

Jeunes anti-flics ou flics anti-jeunes ? Centre Presse 09-07-10

Vendredi 9 juillet 2010

Dernière minute : le procès fleuve c’est terminé après 4 heures du matin… Le rendu aura lieu le 29 juillet. Adrien est libre.

 

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Au procès (marathon) des interpellés de la fête de la Musique hier, la question a été de savoir qui, des jeunes ou des policiers, avaient ouvert les hostilités.

 

Jeunes anti-flics ou flics anti-jeunes ? Centre Presse 09-07-10 dans 21 juin 130x130_43630

Le procès s’est déroulé devant une salle comble.

pbonnet

 

Jusque tard dans la nuit, s’est joué hier devant le tribunal correctionnel un nouvel épisode des tensions qui, depuis plusieurs mois, opposent les services de police à certains jeunes de Poitiers. Devant le tribunal, six gamins poursuivis pour violences, rébellions, injures… envers les policiers. Dans la salle d’audience, leurs copains et les sympathisants du comité poitevin de lutte contre la répression des mouvements sociaux. Dans la salle des pas perdus, la moitié de l’effectif du commissariat. Ce n’était pas un procès ordinaire.

 

« Elle a resserré
sa cagoule
et est partie
en trombe »
C’était ce 21 juin, vers 1h30 du matin, la fête de la musique se terminait tranquillement. Le patron de la police Jean-François Papineau rejoignait seul ses équipes encore sur le terrain. Arrivant sur la place Notre-Dame, il a entendu le bruit d’une bouteille qui se fracassait par terre, derrière lui, et un «Papineau, on aura ta peau». «Je me suis retourné, est-il venu témoigner à la barre. J’ai vu une silhouette sombre, j’ai décidé de ne pas aller au contact, je ne voulais pas qu’il y ait d’incident, j’ai appelé les renforts, elle a compris, elle a resserré sa cagoule et est partie en trombe…» Course-poursuite dans les rues, jusqu’à la place de la liberté. Où Nina Soulard a finalement été interpellée. Cinq jeunes ont été arrêtés dans les minutes suivantes. Selon les policiers, ils tentaient d’empêcher l’interpellation de la jeune femme. Tous ce sont retrouvés à la barre.
Devant les juges, chaque camp y est allé de sa version de l’interpellation. Une sorte de joute verbale façon parole contre parole.
D’un côté, les policiers. Qui, parties civiles, décrivent une Nina particulièrement énervée lors son arrestation, se débattant pour se libérer. Des policiers qui dénoncent des jeunes gens «extrêmement virulents», «prêts à en découdre» et débitant le classique répertoire anti-flic…
De l’autre, les prévenus. Qui nient toute provocation. Qui démentent (presque) toutes les insultes. Qui accusent même les policiers d’acharnement, de tabassage et autres humiliations durant la garde à vue («J’ai demandé une couverture, j’avais froid, un policier m’a dit que j’avais qu’à me la tricoter avec mes petites mains, c’est inadmissible»).
Petit jeu du chat
et de la souris
Et les avocats de la défense. Qui laissent entendre que les policiers ont peut-être été trop pressés d’embarquer ces jeunes, « tapant » dans ce groupe qui, depuis des mois, leur donne du fil à retordre, qui les entraîne dans ce qu’un des policiers qualifie de «petit jeu du chat et de la souris».
Une avocate de la défense à un policier: «Comment parlez-vous de ce groupe entre vous, au commissariat?
- Comme des gens habitués à fréquenter le poste», tranche l’agent qui se défend de faire «une fixation sur eux» et les accuse de faire «de la provocation policière».
- «Vous ne leur donner aucune coloration politique?», insiste l’avocate, qui cherche à lui faire parler des «anar’».
- «Et pourquoi ?!, s’offusque le policier. Je ne suis pas au ordre d’un parti, moi! Je suis aux ordres de la République.»
Au détour du procès, le président d’audience demande à l’un des prévenus s’il a réellement dit à un policier qui lui passait les menottes: «On vous a bien fumé le 10octobre et on va continuer.» «Pas du tout, rétorque le garçon. Je veux pas avoir d’ennui avec la police…»
Les débats se sont poursuivis jusque tard dans la nuit. Très tard.

Lire également

Justice en public.

 

Emmanuel TOURON

Poitiers : Manifestants et policiers en avant-première Centre Presse 08-07-10

Jeudi 8 juillet 2010

 

Poitiers : Manifestants et policiers en avant-première Centre Presse 08-07-10 dans 21 juin 130x130_43540

Les manifestants ont défilé dans les rues et le calme.

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Cet après-midi, se tiendra le procès des jeunes gens interpellés au soir de la fête de la musique à Poitiers. Dès hier, le « comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux » avait appelé à un rassemblement au pied du palais de justice, opération quelque peu noyée dans la braderie. Et si les policiers en civil ont profité de la foule pour se fondre dans le décor, les CRS, eux, bien qu’en retrait dans la rue Gaston-Hulin, étaient parfaitement visibles.

Le comité poitevin affirme que les heurts survenus à Poitiers dans la nuit du 21juin entre jeunes Poitevins et policiers relèvent d’«un véritable tabassage policier de militants connus pour leur engagement politique». Un porte-parole des manifestants a ajouté que Poitiers est devenue «un terrain d’expérimentation pour la répression des mouvements sociaux» et a exhorté les troupes pour que Poitiers devienne «un terrain d’expérimentation de la résistance».
Quelque cent trente manifestants ont ensuite fait mouvement dans les rues de Poitiers.
Notons qu’un des participants de la braderie a peu goûté cette manifestation, affirmant qu’elle lui avait fait perdre des clients. Comprendra qui pourra, c’était un marchand de sucettes…

Emmanuel TOURON

Liberté pour Adrien ! Relaxe pour tous les inculpé-e-s de la Fête de la musique !

Lundi 5 juillet 2010

Liberté pour Adrien ! Relaxe pour tous les inculpé-e-s de la Fête de la musique ! dans 21 juin Logo2CAR-1024x346

 

Contrairement à ce qui a été relaté dans la presse, c’est un véritable tabassage policier de militants connus pour leur engagement politique qui a eu lieu lors de la Fête de la musique à Poitiers. En effet, les journaux locaux, caisse de résonance de la propagande policière, parlent de « rixe » ou de « bagarre » avec la police. Or, ce 21 juin, cela ne s’est pas du tout passé de cette façon. Comme l’ont expliqué des témoignages concordants, les policiers en uniforme et la brigade anticriminalité (BAC) n’ont en fait pas lâché une quinzaine de jeunes militants connus d’eux depuis les derniers mouvements lycéens et étudiants. M. Papineau, le directeur départemental de la sécurité publique qui s’est rendu célèbre par sa capacité à attirer vers lui des petits objets tels que pile, briquet ou caillou… sans en tirer jamais la moindre égratignure mais plutôt l’obtention d’amendes, était également à la parade, en uniforme. Les forces de l’« ordre » étaient donc prêtes à en découdre. Et c’est effectivement ce qui est arrivé. Prenant pour prétextes – ou alors, plus probable, inventant – une menace proférée contre lui, ainsi qu’une bouteille ayant atterri à ses pieds, et ayant aperçu un – en fait, une – de ces jeunes militants, M. Papineau le désigne à ses troupes, déterminé à créer l’incident. A moins que ce ne soit l’inverse : apercevant cette militante, il invente, nous dirions comme à son habitude, cette histoire, et se sert du prétexte de l’insulte et de la bouteille pour la désigner à ses troupes.

Précisons que M. Papineau a expliqué lors de l’« enquête » qu’il avait tourné la tête dans la direction d’où la voix était venue : il n’a pas vu la bouteille arriver vers lui (ce qui tendrait à prouver que celle-ci n’a pas été lancée de ce côté-là) ; en revanche, ô merveille ! il a aperçu cette jeune militante qu’il a immédiatement désignée à ses troupes. L’occasion fait le larron, on le sait : cette militante avait été condamnée en correctionnelle pour « bris de “sucette” Decaux ». Mais elle a été relaxée depuis. Evidemment, la décision n’a guère plu dans les rangs de la police ; et donc sa présence sur les lieux – comme celle de ses camarades « anarcho-autonomes » que la BAC a particulièrement dans le collimateur depuis plus d’un an – était une bonne occasion de provocation pour remettre les pendules à l’heure de la répression.

 

La jeune militante est arrivée en courant place de la Liberté et s’est adossée à un mur. Aussitôt la police l’a encerclée et a cherché à disperser, y compris à coups de tonfa, les gens qui venaient voir ou demander des explications. Plusieurs, ceux qui sont harcelés par la police depuis des mois, ont été roués de coups et arrêtés sans ménagement. Les tabassages ont continué jusque dans le commissariat. Pour couvrir leurs forfaits – ou leur manque de professionnalisme, c’est selon –, là encore les policiers ont inventé une fable. Ce seraient eux qui se seraient fait attaquer par « un groupe de jeunes qui veulent s’opposer à l’interpellation de leur copine », comme il est si bien écrit dans la presse. Ils ajoutent à cela des « blessures » si peu évidentes que les policiers auront toutes les peines du monde à obtenir des ITT de la part des médecins du CHU ; et enfin ils se sont tous portés partie civile, et le tour a été joué. Mais quand même, comment expliquer que cinq de ces policiers surentraînés soient blessés par quatre jeunes garçons et deux jeunes filles, sinon en postulant qu’ils ont simulé – comme simulait le policier qui se déplaçait avec une attelle, et qui peinait surtout à faire semblant de boiter, lors de la demande de comparution immédiate ?

Il a suffi de voir l’état de nos camarades (yeux pochés, contusions, fatigue…) lors de cette dernière, ainsi que les sourires des nombreux policiers présents dans la salle et autour, pour comprendre que ces derniers se sont fait plaisir tout en gérant bien leur affaire afin de les envoyer en prison.

 

Pour le Comité contre la répression des mouvements sociaux, les événements qui viennent de se dérouler sont une illustration supplémentaire des méthodes de répression policières mises en œuvre contre les mouvements sociaux – des méthodes expérimentées dans les quartiers puis généralisées : harcèlement suivi de tabassages, d’arrestations, de gardes à vue prolongées et de procès. Que les forces de l’« ordre » se sentent aussi libres dans leurs façons d’agir traduit un rapport de forces en leur faveur. Grévistes, jeunes militants, sans-papiers, « radicaux » en font les frais depuis trop longtemps. Il faut que la peur change de camp.

 

Rassemblement devant le palais de justice de Poitiers le 7 juillet à 18 h et soutien le jour du procès le 8 juillet à 16 h

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociauxantirep86@free.frhttp://antirep86.free.fr

Trop de pression policière ? V2 PQR 05/07/2010

Lundi 5 juillet 2010

Le comité poitevin contre la répression  des mouvements sociaux demande la relaxe pour les jeunes interpellés le  soir de la fête de la Musique à Poitiers. -

Le comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux demande la relaxe pour les jeunes interpellés le soir de la fête de la Musique à Poitiers. –  - Photo NR

Trop de pression policière ? V2 PQR 05/07/2010 dans 21 juin

Le comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux a distribué des tracts dans le centre-ville de Poitiers, samedi. Ils n’en démordent pas. Les militants du comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux dénoncent « la pression constante que les policiers de Poitiers mettent sur certains jeunes, désignés comme  » radicaux  » ». Ils sont persuadés que les six jeunes gens qui vont être jugés, jeudi prochain, après des violences survenues le soir de la fête de la musique à Poitiers, « n’ont fait que répondre à une provocation policière ». « On sait qu’il y a des témoignages dans ce sens », prévient Jean-François Chazerans, membre du comité. « Ça fait des semaines que ça dure. La police ne les lâche pas d’une semelle. Nous ne croyons pas que ce soit la bonne façon d’assurer l’ordre public, au contraire. »
Samedi matin au marché Notre-Dame, puis dans l’après-midi devant le centre commercial des Cordeliers, à Poitiers, les militants ont distribué des tracts sur lesquels est expliquée leur version des faits. Pour appuyer leur propos, ils avaient découpé des cartons pour figurer les barreaux d’une prison, « pour rappeler que l’un des jeunes est toujours en détention préventive ». Ils distribueront à nouveau des tracts le mercredi 7, à 18 h devant le palais de justice, et le lendemain, à 16 h, au même endroit, pour soutenir les six jeunes pendant leur comparution devant le tribunal.
antirep86.free.fr

Philippe Bonnet

Les accusés de Villiers-le-Bel condamnés de 3 à 15 ans de prison Libération 04-07-10

Dimanche 4 juillet 2010

 

Me Patrick Arapian, avocat de trois des accusés,  arrive au tribunal de Pontoise, le 2 juillet 2010

Me Patrick Arapian, avocat de trois des accusés, arrive au tribunal de Pontoise, le 2 juillet 2010 (AFP Bertrand Langlois)

La cour d’assises de Pontoise a condamné à des peines de 3 à 15 ans de prison dans la nuit de samedi à dimanche les quatre jeunes accusés d’avoir tiré sur des policiers lors des émeutes de Villiers-le-Bel (Val d’Oise) en 2007 et un complice qui leur a fourni une arme.

La cour d’assises n’a pas suivi les demandes du ministère public qui avait requis des peines plus lourdes allant de 7 à 20 ans. Elle a condamné trois des quatre accusés de tirs sur des policiers et n’a retenu pour le quatrième, Mara Kanté, 23 ans, que la détention d’arme.

Ce dernier contre qui 15 ans avaient été requis, n’écope que de trois ans. Abderhamane Kamara, 29 ans et son demi-frère Adama Kamara, 29 ans, contre qui l’avocat général avait requis 20 ans de prison, ont été condamnés respectivement à 15 et 12 ans de prison.

Ils avaient été désignés comme les « leaders » avec « des antécédents de violence » par l’un des deux avocats généraux, Etienne le Saux. Ibrahima Sow, 26 ans, contre qui le parquet avait aussi requis 15 ans, a été condamné à 9 ans.

« Immixtion de la politique dans la justice »

Les jurés n’ont pas condamné Mara Kanté pour avoir tiré sur des policiers mais pour détention d’arme. Samuel Lambalamba qui était jugé pour complicité pour avoir fourni une arme aux tireurs, a été condamné à 3 ans. Il comparaissait libre, un mandat de dépôt lui a été notifié. Sa peine est confondue avec une condamnation antérieure de un an pour caillassage durant les émeutes.

Les avocats de la défense ont dix jours pour faire appel. Le verdict a été accueilli par les pleurs des familles présentes dans la salle. Visiblement troublés par ce verdict, les avocats de la défense ont toutefois dénoncé des peines « très lourdes ».

« C’est dur d’avoir une peine aussi sévère pour un dossier qui reste aussi vide », a déclaré Me Morad Falek, conseil d’Abderhamane Kamara, dit Abou. « C’est une décision de justice qui se respecte mais qui ne se comprend absolument pas », a-t-il ajouté.

« Quand les peines sont aussi lourdes que ça, on sent une immixtion de la politique dans la justice », a de son côté déclaré Me Patrick Arapian, avocat de trois des accusés, Ibrahima Sow, Maka et Abou Kamara.

« Preuves au rabais »

« Avec des peines extrêmement hautes, ils ont réussi à obtenir le procès de la banlieue », a-t-il ajouté alors que Marie-Thérèse de Givry, avocate générale avait déclaré en préambule à son réquisitoire: « Nous ne faisons pas le procès de la banlieue, ni des jeunes, ni de Villiers-le-Bel ».

« Je m’attendais à un acquittement. C’est un échec devant un dossier aussi vide », a ajouté Me Michel Konitz, conseil d’Adama Kamara. « On se contente de preuves qui sont des preuves au rabais », a-t-il dénoncé.

Du côté des parties civiles, l’avocat de policiers blessés, Me Bruno Bourrier s’est félicité de cette « décision juste car les policiers ont été blessés dans leur chair ». Le procès se termine après douze jours de débats rythmés par des désistements de témoins sous X, les auditions de nouveaux témoins et les changements dans le calendrier.

Les débats de ce procès où 90 policiers se sont portés partie civile, ont également longuement abordé la question des témoins sous X. L’accusation reposant essentiellement sur ces témoignages, la défense a fortement attaqué leur crédibilité. La cour a dû aussi gérer les désistements de dernière minute de trois témoins anonymes sur quatre.

Le 25 novembre 2007, deux adolescents, Mushin et Lakamy, trouvaient la mort dans la collision de leur moto avec un véhicule de police. L’accident avait provoqué deux jours de violences entre jeunes et forces de l’ordre.

(Source AFP)

Trois à quinze ans de prison pour les tireurs de Villiers-le-Bel Le Parisien 03-07-10

Dimanche 4 juillet 2010

La décision a été accueillie cette nuit à 2h15 par les cris et les pleurs des proches

 

Laurence Allezy et Frédéric Naizot | 03.07.2010, 12h01 | Mise à jour : 04.07.2010, 03h28

La cour d’assises du Val-d’oise a condamné cette nuit les tireurs de Villiers-le-Bel à des peines de trois à quinze ans de prison. Le verdict est tombé à 2 h 15 après six heures quinze de délibéré.

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En savoir plus
Les personnalités contrastées des frères Kamara
 
 
Sur la toile
Un témoin sous X entendu lors du procès

La décision a été accueillie par les et les pleurs des proches, dans un climat extrêmement tendue. L’émotion était palpable cette nuit dans la salle des pas perdus ainsi qu’à la sortie du palais de de Pontoise. A 3h30, aucun incident n’était à déplorer et le calme était revenu.

Abou Kamara a été condamné à quinze ans de réclusion criminelle pour avoir tiré sur les policiers lors des émeutes des 25 et 26 novembre 2007, et son frère, Adama Kamara, à une peine de douze ans de réclusion criminelle. Agés de 29 ans, tous les deux avaient été désignés par l’accusation comme les meneurs. Vingt ans de réclusion criminelle avaient été requis à leur encontre.Ibrahim Sow, 26 ans, a écopé d’une peine de neuf ans d’emprisonnement. La cour n’a pas retenu la à l’encontre de Maka Kante, 23 ans, condamné à trois ans de prison pour port d’arme de 4e catégorie. Quinze ans de réclusion criminelle avaient été requis contre ces deux accusés. Samuel Lambalamba, 24 ans, poursuivi pour avoir fourni un fusil à pompe et des munitions aux tireurs, a été condamné à trois ans de prison, contre sept requis.

«C’est bien le procès de la banlieue»

Les avocats de la défense avaient réclamé l’acquittement de leurs clients, jugées depuis le 21 juin pour tentative de meurtre en bande organisée sur des policiers, ainsi que pour détention et port d’arme prohibés. «Je m’attendais à ça, un verdict se respecte, mais je ne peux pas l’accepter. On ne va pas m’oter de l’esprit qu’il y a un contexte particulier dans ce dossier», a réagi Me Morad Falek à la sortie du tribunal. L’avocat d’Abou Kamara fait référence aux déclarations faites par Nicolas Sarkozy, le président de la République, après les émeutes.

Une peine qui révolte Me Michel Konitz, l’avocat d’Adama Kamara, même s’il s’attendait à une condamnation. «Je suis déçu. C’est bien le procès de la banlieue, tout ce dossier a reposé sur les témoignages sous X en voulant démontrer qu’à Villiers-le-Bel, on ne peut pas parler. C’est un cercle vicieux.»

Un policier blessé : «Justice est rendue»

Un verdict salué, en revanche, par les parties civiles. «Il est proportionné aux attentes des parties civiles et il est surtout équilibré par rapport aux faits qui étaient reprochés aux cinq accusés», souligne David Collignon, secrétaire départemental du syndicat de police Alliance. «Je suis satisfait, justice est rendue», réagit un policier blessé lors des tirs.

«C’est une décision intelligente qui fait la part des responsabilités, qui n’est pas sévère eu égard à la nature du crime et très équilibrée», estime aussi Me Laurent-Franck Lienard, avocat de parties civiles.

La défense dénonce «l’absence totale d’éléments probatoires»

Les six avocats de la défense avaient demandé aux jurés l’acquittement de leurs clients. «Bien sûr qu’on le plaide même si cela paraît impossible, parce que ce procès est extraordinaire», avait lancé Me Morad Falek.

Tous ont dénoncé avec des expressions plus ou moins fortes le vide de ce dossier d’assises. «Le néant absolu», d’après Me Falek, «l’absence totale d’éléments probatoires» pour Me Tymoscko, l’avocat de Lambalamba. Et de s’arrêter longuement sur la seule ossature du dossier : les témoignages. «Le témoin sous X est un poison pour la défense, on ne peut rien vérifier. Ces choses-là ne sont pas acceptables !» hurle Me Falek. «Le civisme est incompatible avec l’argent, un acte civique ne se rémunère pas», assène Me Gaelle Dumond, qui défend Maka Kanté, afin de dénoncer la rémunération promise aux témoins.

L’un des accusés cite Mandela

Avant que la cour d’assises se retire pour délibérer, la présidente avait donné une dernière fois la parole aux cinq accusés. «Je suis père de trois enfants, je suis triste de ce qui est arrivé à Villiers-le-Bel. je n’ai jamais tiré sur les forces de l’ordre ni incité les gens à le faire…», a déclaré Adama Kamara. «J’ai trois enfants que j’aime et si j’ai une lourde de peine, c’est fini… les voir une demi-heure par semaine pendant des années, c’est impossible.» Maka Kanté, frappe sa poitrine : «Mon coeur, il bat très fort», avant de citer Nelson Mandela. «Toute personne qui condamne un être humain fait preuve d’une certaine étroitesse d’esprit.» Et de reprendre : «Certaines personnes m’ont envoyé dans le box mais je crois en la souveraineté du jury populaire.»

A la sortie du tribunal, alors qu’une longue soirée d’attente se préparait, les proches des cinq jeunes enfilaient un tee-shirt blanc sur lequel on pouvait lire : «Condamner des innocents, c’est les tuer.»

leparisien.fr

Procès des tireurs de Villiers-le-Bel : condamnations à des peines de 3 à 15 ansNouvel Obs 04-07-10

Dimanche 4 juillet 2010

Le verdict est tombé dans la nuit. La cour d’assises a condamné trois des quatre accusés de tirs sur des policiers et n’a retenu pour le quatrième que la détention d’arme.

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Le verdict a été accueilli par les pleurs des familles  présentes dans la salle. AFP Le verdict a été accueilli par les pleurs des familles présentes dans la salle. AFP

La cour d’assises de Pontoise a condamné à des peines de 3 à 15 ans de prison dans la nuit du 3 au 4 juillet les quatre jeunes accusés d’avoir tiré sur des policiers lors des émeutes de Villiers-le-Bel (Val d’Oise) en 2007 et un complice qui leur a fourni une arme.

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La cour d’assises n’a pas suivi les demandes du ministère public qui avait requis des peines plus lourdes allant de 7 à 20 ans.

Elle a condamné trois des quatre accusés de tirs sur des policiers et n’a retenu pour le quatrième, Mara Kanté, 23 ans, que la détention d’arme.

Ce dernier contre qui 15 ans avaient été requis, n’écope que de trois ans.

Abderhamane Kamara, 29 ans et son demi-frère Adama Kamara, 29 ans, contre qui l’avocat général avait requis 20 ans de prison, ont été condamnés respectivement à 15 et 12 ans de prison.

Ils avaient été désignés comme les « leaders » avec « des antécédents de violence » par l’un des deux avocats généraux, Etienne le Saux.

Ibrahima Sow, 26 ans, contre qui le parquet avait aussi requis 15 ans, a été condamné à 9 ans.

Les jurés n’ont pas condamné Mara Kanté pour avoir tiré sur des policiers mais pour détention d’arme.

Samuel Lambalamba qui était jugé pour complicité pour avoir fourni une arme aux tireurs, a été condamné à 3 ans. Il comparaissait libre, un mandat de dépôt lui a été notifié. Sa peine est confondue avec une condamnation antérieure de un an pour caillassage durant les émeutes.

Les avocats de la défense ont dix jours pour faire appel.

 

Des peines « très lourdes »

Le verdict a été accueilli par les pleurs des familles présentes dans la salle.

Visiblement troublés par ce verdict, les avocats de la défense ont toutefois dénoncé des peines « très lourdes ».

« C’est dur d’avoir une peine aussi sévère pour un dossier qui reste aussi vide », a déclaré Me Morad Falek, conseil d’Abderhamane Kamara, dit Abou. « C’est une décision de justice qui se respecte mais qui ne se comprend absolument pas », a-t-il ajouté.

« Quand les peines sont aussi lourdes que ça, on sent une immixtion de la politique dans la justice », a de son côté déclaré Me Patrick Arapian, avocat de trois des accusés, messieurs Sow, Maka et Abou Kamara.

« Avec des peines extrêmement hautes, ils ont réussi à obtenir le procès de la banlieue », a-t-il ajouté alors que Marie-Thérèse de Givry, avocate générale avait déclaré en préambule à son réquisitoire : « Nous ne faisons pas le procès de la banlieue, ni des jeunes, ni de Villiers-le-Bel ».

« Je m’attendais à un acquittement. C’est un échec devant un dossier aussi vide », a ajouté Me Michel Konitz, conseil d’Adama Kamara. « On se contente de preuves qui sont des preuves au rabais », a-t-il dénoncé.

 

Une « décision juste »

Du côté des parties civiles, l’avocat de policiers blessés, Me Bruno Bourrier s’est félicité de cette « décision juste car les policiers ont été blessés dans leur chair ».

Le procès se termine après douze jours de débats rythmés par des désistements de témoins sous X, les auditions de nouveaux témoins et les changements dans le calendrier.

Les débats de ce procès où 90 policiers se sont portés partie civile, ont également longuement abordé la question des témoins sous X.

L’accusation reposant essentiellement sur ces témoignages, la défense a fortement attaqué leur crédibilité. La cour a dû aussi gérer les désistements de dernière minute de trois témoins anonymes sur quatre.

Le 25 novembre 2007, deux adolescents, Mushin et Lakamy, trouvaient la mort dans la collision de leur moto avec un véhicule de police. L’accident avait provoqué deux jours de violences entre jeunes et forces de l’ordre.

(Nouvelobs.com)

Trop de pression policière ? NR 04/07/2010

Dimanche 4 juillet 2010

Manifestation silencieuse derrière des  barreaux de carton. - Manifestation silencieuse derrière des barreaux de carton. –  - Photo NR

Trop de pression policière ? NR 04/07/2010 dans 21 juin
Ils n’en démordent pas. Les militants du comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux dénoncent « la pression constante que les policiers de Poitiers mettent sur certains jeunes, désignés comme  » radicaux  » ». Ils sont persuadés que les six jeunes gens qui vont être jugés, jeudi prochain, après des violences survenues le soir de la fête de la musique à Poitiers, « n’ont fait que répondre à une provocation policière ». Hier matin au marché Notre-Dame, puis hier après-midi devant le centre commercial des Cordeliers, à Poitiers, les militants ont distribué des tracts sur lesquels est expliquée leur version des faits. Pour appuyer leur propos, ils avaient découpé des cartons pour figurer les barreaux d’une prison, « pour rappeler que l’un des jeunes est toujours en détention préventive ». Ils distribueront à nouveau des tracts ce matin au marché des Couronneries.

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