Archive de la catégorie ‘Education nationale’

Les profs ont-ils le droit de désobéir? Libération 08-07-09

Jeudi 9 juillet 2009

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INTERVIEW

En «résistance pédagogique», plusieurs enseignants passent en conseil de discipline pour leur refus d’appliquer les réformes Darcos. Que risquent-ils? Antony Taillefait, spécialiste du droit de la Fonction publique, apporte son expertise.

Recueilli par MARIE PIQUEMAL

Cette semaine, deux professeurs des écoles passent en conseil de discipline parce qu’ils refusent d’appliquer certaines réformes Darcos qu’ils jugent nuisibles pour les élèves.

Que risquent ces fonctionnaires «désobéisseurs»? Que prévoit la loi? L’agent public est-il plus protégé qu’un salarié du privé? Les réponses d’Antony Taillefait, doyen de la faculté de droit de l’université d’Angers et auteur du précis Droit de la fonction publique (Dalloz).

Un fonctionnaire a t-il le droit de désobéir?

La loi du 13 juillet 1983 est très claire : «Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l’exécution des tâches qui lui sont confiées» (article 28). Il n’appartient pas à un agent public de discuter les ordres. Il n’a pas le droit de désobéir, sauf dans trois hypothèses prévues par la loi.

- «Dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public.» En pratique, il est rare que ces deux conditions soient réunies. On compte une petite vingtaine de cas depuis 1945, pas plus. L’exemple caricatural: le principal du collège qui demande à son conseiller d’éducation de frapper un élève.

- Le fonctionnaire peut aussi faire usage de son «droit de retrait» quand il encourt un «danger grave et imminent pour sa vie ou pour sa santé». Là aussi, la jurisprudence est stricte. Les profs de Jussieu ont pu exercer leur droit de retrait à cause de l’amiante. En revanche, le juge a refusé le droit de retrait à un prof qui refusait de faire cours après l’agression d’un de ces collègues.

-Enfin, le fonctionnaire est autorisé à désobéir en cas de harcèlement moral… à condition d’en apporter la preuve, ce qui est loin d’être simple.

En l’espèce, que risquent ces profs en «résistance pédagogique» contre des réformes jugées «absurdes» et contraire à l’intérêt de l’enfant?

Sur le plan juridique, c’est un refus d’obéissance caractérisé. Ces professeurs s’exposent donc à des sanctions sévères pouvant aller jusqu’à la révocation.

Mais seul l’inspecteur d’académie a le pouvoir d’engager des poursuites disciplinaires. Il a un pouvoir discrétionnaire en la matière, et peut par exemple estimer que sanctionner un prof est de nature à déstabiliser le corps professoral. Certains enseignants échappent ainsi à des sanctions…

Existe-t-il des précédents où des profs sont sanctionnés pour refus d’obéir ?

Oui, plein. Il faut le savoir, la désobéissance est le principal motif de sanction des fonctionnaires. En refusant d’appliquer la loi, les enseignants risquent gros. J’ai plusieurs exemples en tête, comme ce prof qui faisait cours sur la pelouse en guise de protestation et qui a été condamné à six mois de suspension du droit d’exercer et six mois avec sursis.

Le prof sanctionné a t-il un droit de recours ?

Oui. La procédure est très encadrée. L’inspecteur d’académie engage les poursuites en saisissant le conseil de discipline, composé à parité de représentants de l’administration et des organisations syndicales.

La procédure est très codifiée, le conseil fonctionne un peu comme un tribunal avec des règles strictes. Le conseil entend tour à tour le professeur visé et son avocat. Puis, émet un avis de sanction. L’inspecteur d’académie conserve son pouvoir d’appréciation, c’est lui qui prononce la sanction. S’il ne suit pas l’avis du conseil de discipline, il doit le justifier.

Un fonctionnaire qui désobéit est-il plus protégé qu’un salarié dans une entreprise ?

Non, juridiquement, l’agent et le salarié sont dans la même situation même si on ne peut pas vraiment comparer. Les intérêts en jeu ne sont pas du tout les mêmes. D’un côté, l’employeur raisonne en fonction des intérêts de son entreprise. Si un salarié ne fait pas son travail, l’impact sur la productivité est immédiat, la sanction aussi. Dans la fonction publique, c’est l’intérêt général qui est en jeu. En clair, un inspecteur d’académie ne peut pas fermer une école comme un entrepreneur met la clef sous la porte…

Erwan Redon, un enseignant « désobéisseur » dans le collimateur libemarseille.fr 07-07-09

Jeudi 9 juillet 2009

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MARSEILLE. Entre sa classe de CM1-CM2 de l’école des Convalescents à Marseille, les réunions de son comité de soutien et les rendez-vous téléphoniques avec son avocate, Erwan Redon n’a pas une seconde à lui. Et pour cause. Ce professeur des écoles «désobéisseur», qui refuse d’appliquer certaines réformes nuisibles, selon lui, aux élèves, passe en conseil de discipline ce matin [actualisation: le conseil a été reporté, lire ci-dessous]. Et il risque le licenciement pur et simple.

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Dispositifs absurdes. Lancé en novembre dernier, le mouvement de «résistance pédagogique», qui rassemble quelque 3 000 enseignants et directeurs d’écoles ayant publiquement déclaré leur intention de «désobéir» face à des dispositifs absurdes, est aujourd’hui dans l’œil du cyclone. Après les rappels à l’ordre et les menaces verbales, les retraits de salaires et le blocage de promotions, le ministère de l’Education nationale est passé à la vitesse supérieure pour punir les «désobéisseurs», des fonctionnaires qui contestent la hiérarchie. Les chefs de file encourent désormais des sanctions disciplinaires, allant de la mutation d’office à la révocation.

Erwan Redon est le premier des deux enseignants convoqués cette semaine devant une commission mixte paritaire – composée de dix représentants de l’administration et de dix des syndicats. Alain Refalo, professeur des écoles à Colomiers, près de Toulouse, suivra jeudi. C’est lui qui, le premier, avait rendu publique une lettre à son inspecteur, le 6 novembre, où il se déclarait en «résistance pédagogique» contre des réformes absurdes. Il fustigeait notamment les deux heures de soutien individualisé aux élèves en difficultés que les enseignants doivent faire depuis la rentrée 2009 sans avoir reçu de formation particulière, alors même que le ministre Xavier Darcos supprime des postes de Rased, ces maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire.

Une autre figure du mouvement, Bastien Cazals (1), directeur d’école à Saint-Jean de Védas, dans l’Hérault, est, lui, sous le coup d’une double procédure disciplinaire. Son inspecteur d’académie a engagé des démarches pour le destituer de son poste et pour lui infliger un blâme. Bastien Cazals a déjà subi un retrait de 36 jours de salaires. Il s’est aussi vu interdire de s’exprimer dans les médias dans le cadre de ses fonctions. Comme la plupart des «désobéisseurs», il refuse de mettre en place l’aide individualisée telle qu’elle est prescrite par le ministère. De plus en tant que directeur, il refuse de remplir l’enquête informatique «Base élève», dénonçant un nouveau «fichage».

Le choix du moment pour cette offensive en règle n’est sans doute pas fortuit. L’école est finie, ce qui complique la mobilisation des parents d’élèves ou des collègues en faveur des enseignants visés. De plus cette semaine, toute l’attention est tournée vers les résultats du bac 2009 – des épreuves du premier groupe aujourd’hui, du rattrapage en fin de semaine. Xavier Darcos, le ministre sortant, a dû juger qu’il aurait ainsi le maximum d’efficacité avec un minimum de bruit. Ces «désobéisseurs», des «gauchistes» à ses yeux, l’exaspéraient. En plus ils remettaient en cause des réformes – celles du primaire – qu’il se vante d’avoir réussies à la différence du lycée…

Conscience. Son successeur Luc Chatel, nouveau venu à l’Education qui se met aux dossiers, a donné des indications selon lesquelles il n’entendait pas plier. Le ministère espère pouvoir régler l’affaire avec le soutien de l’opinion, en fustigeant ces profs qui font de la politique au lieu de s’occuper des élèves, hostiles au changement et craignant de travailler plus. En face, les «désobéisseurs» arguent du fait qu’un fonctionnaire ne doit pas obéir aveuglément et en toute circonstance, qu’il a une conscience et une liberté de pensée, et que bien des exemples dans l’histoire ont montré que la servilité n’était souvent que de la lâcheté.

«J’aime mon métier et je le redirai devant la commission, mais je ne suis pas prêt à l’exercer dans n’importe quelles conditions» :très calme, en bermuda et catogan, Erwan Redon, 36 ans, accusé d’«insuffisance professionnelle» par l’inspection, n’est apparemment pas du genre à céder. Il a déjà 32 jours de retrait de salaires. S’il est licencié, il ira jusqu’au tribunal administratif, assisté par Irène Terrel, l’avocate de Julien Coupat dans l’affaire de Tarnac.

Proche des courants pédagogiques alternatifs, depuis qu’il enseigne, Erwan Redon refuse les inspections – «nous avons une liberté pédagogique. Or l’inspecteur vient nous contrôler et nous dire comment travailler». Hostile aux nouveaux programmes et à l’aide individualisée, il a aussi refusé de faire passer les évaluations de CM2 en février : «J’ai attendu la fin de l’année pour le faire car je refuse de mettre les enfants en situation de prépa-concours. Et cela entraîne une mise en concurrence des écoles.»

VERONIQUE SOULE

(1) auteur de Je suis prof et je désobéis, ed. Indigène, 2009

Report de la commission disciplinaire

La commission disciplinaire de l’Inspection d’académie des Bouches-du-Rhône, devant laquelle Erwan Redon était convoqué ce mardi pour « insuffisance professionnelle », a été reportée en août.

« C’est un problème de forme. Mes services ont formulé la convocation à la commission disciplinaire en utilisant le terme d’insuffisance professionnelle. L’insuffisance professionnelle ne peut se traduire que par un licenciement. Or, on n’est pas dans cette logique-là », a expliqué à l’AFP l’inspecteur d’académie des Bouches-du-Rhône, Gérard Trêve.

« Il s’agit seulement d’une sanction disciplinaire pour non exécution des tâches qui sont dues par un fonctionnaire. J’ai accepté qu’à la demande de la défense, la commission disciplinaire soit reportée », a-t-il ajouté, évoquant « une « maladresse » voire une « erreur » de ses services dans la qualification retenue.

En août, à une date encore indéterminée, M.Redon devra répondre de « non respect des obligations professionnelles » devant la commission et risquera une sanction allant de l’avertissement à la révocation, selon M. Trêve.

Cette convocation « n’a rien à voir avec les réformes qui sont refusées. Les rapports d’inspection sur lesquels je me suis appuyé datent de 2005, a ajouté l’inspecteur. En ce qui concerne le soutien scolaire non fait, je considère qu’il est sanctionné par les retenues de salaire que j’ai opérées ». (AFP)

30 stagiaires enseignants de l’IUFM punis pour faits de contestation Libé Toulouse 08-07-09

Jeudi 9 juillet 2009

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ÉDUCATION. La correction politique, ça s’apprend. En tout cas, le ministère de l’Éducation nationale s’emploie déjà à l’enseigner à Toulouse.

Trente stagiaires de l’IUFM de Haute-Garonne ne seront ainsi pas titularisés cette année pour avoir contesté les réformes Darcos en cours d’année. Le compte rendu de formation politiquement incorrect qu’ils ont pu commettre au mois d’avril se retrouvant dans leur dossier de validation, les voilà retoqués.

C’est une inspectrice générale, membre du cabinet des ministres Darcos puis Châtel qui n’a pas supporté que, même dans le strict cadre de l’IUFM, de futurs fonctionnaires contestent les dernières réformes gouvernementales. Ces affreux trublions ont eu à en répondre devant le jury académique de qualification professionnelle devant lequel ils ont été convoqués ce vendredi 3 et lundi 6 juillet.

La charge a été «sauvage», jugent-ils aujourd’hui. Le jury leur auraient reproché un manquement au devoir de réserve.

Réaction gouvernementale «inédite et exceptionnelle», commentent le Syndicat national de l’enseignement secondaire et le syndicat de l’enseignement primaire. «Le SNES et le SNUIpp ne pourraient accepter que ces collègues ne soient pas titularisés dès cette année».

«C’est fini la rigolade. Il a dû y avoir des instructions de sévérité», analyse un formateur de l’IUFM. Le ministre Luc Châtel ne semble en tout cas pas disposé à desserrer la vis que son prédécesseur Xavier Darcos a bloquée.

Une audience au rectorat et au ministère de la rue de Grenelle est demandée. Où le pari semble être fait que les vacances d’été étoufferont le bruit de ce coup de bazooka sur les rangs de la contestation.

Un tir à blanc, toutefois. La titularisation des trente stagiaires est tout simplement «ajournée». Autrement dit : soyez sages, les enfants, et si vous ne contestez pas plus avant, cette titularisation pourrait intervenir plus tard.

Une question taraude les stagiaires: quelle idée a traversé les formateurs de l’IUFM de glisser les compte rendus de leurs élèves contestant les réformes dans le dossier de validation?

GLv.

Sécurité scolaire : Sarkozy autorise les fouilles dès juillet NOUVELOBS.COM | 28.05.2009

Jeudi 28 mai 2009

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« Les personnels de direction et d’encadrement devront à l’avenir disposer des moyens de s’assurer que les élèves ne transportent pas d’armes », a plaidé le chef de l’Etat.

Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy (Sipa)

Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy (Sipa)

Le président Nicolas Sarkozy déclare jeudi 28 mai à l’Elysée qu’un texte législatif habilitant « les personnels de direction et d’encadrement » des établissements scolaires à faire ouvrir les cartables des élèves sera prêt « dans les premiers jours de juillet ». Des « équipes mobiles d’agents » seront également mises en place auprès des recteurs d’académie. Le président reprend ainsi deux idées phares du ministre de l’Education Xavier Darcos.
« Il n’est pas question de tolérer la présence d’armes dans l’enceinte des établissements scolaires. Les personnels de direction et d’encadrement devront à l’avenir disposer des moyens de s’assurer que les élèves ne transportent pas d’armes », a déclaré le chef de l’Etat. « A cette fin, ils recevront une habilitation spécifique qui leur permettra de faire ouvrir les cartables et les sacs et si l’élève détient une arme d’en tirer toutes les conséquences. Je le dis avec gravité: n’oublions jamais les 17 morts de Winnenden en Allemagne », le 11 mars dernier, a-t-il ajouté.

Loi Estrosi

Il faut « habiliter (…) les chefs d’établissement et les conseillers principaux d’éducation pour qu’ils puissent procéder à des fouilles, avoir l’autorité pour saisir des armes etc. Donc, nous allons rapidement voir le texte dont nous avons besoin » afin qu’il soit prêt « dans les premiers jours de juillet« , a affirmé le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, à l’issue du discours. « Pour que ça prenne un caractère législatif, nous allons le mettre dans la proposition de loi d’Estrosi. J’ai vu ça avec lui, nous allons faire soit un amendement, soit un article de la loi qui définira cette notion d’habilitation », a-t-il précisé.
Le député-maire de Nice, Christian Estrosi (UMP), a fait une proposition de loi visant à renforcer la législation contre les bandes violentes.

Recrutement ouvert à tous les citoyens

« Je veux aussi que chaque recteur puisse disposer d’une équipe mobile d’agents formés dans ce but qui viendront épauler sur un plan pédagogique les chefs d’établissement en cas de difficulté ponctuelle relative à la discipline dans un lycée ou collège », a également déclaré le président.
Le président souhaite en outre que soit « étudiée » la « possibilité d’ouvrir la réserve civile de la police nationale » (retraités, volontaires) pour des missions de « sécurisation des établissements scolaires et de leurs abords ». « Je souhaite que soit étudiée rapidement la possibilité d’ouvrir largement la réserve civile de la police nationale », a déclaré Nicolas Sarkozy dans un discours à l’Elysée.
Il a estimé que ce dispositif permettrait « d’affecter des policiers à la retraite, mais aussi des personnes volontaires, expérimentées et qualifiées, venus d’horizons divers à des missions ponctuelles, particulièrement la sécurisation des établissements scolaires et de leurs abords ».
Le chef de l’Etat a précisé que « le recrutement sera ouvert à tous les citoyens sur la base d’un test d’aptitude physique et morale, à l’image de ce qui se pratique pour les pompiers volontaires. » « Ces volontaires, a-t-il affirmé, bénéficieront d’une formation adaptée. Leur mission sera double: la surveillance des sites sensibles et le maintien d’un contact étroit et permanent avec les collégiens et lycéen ».

Développement de la vidéo surveillance

Le chef de l’Etat a par ailleurs réaffirmé sa volonté de développer la vidéo surveillance, « moyen fondamental de la politique de sécurité », y compris si nécessaire dans les établissements scolaires.
« L’objectif immédiat est de mettre en place 75 systèmes municipaux types et d’assurer, là où c’est nécessaire, la protection des établissements scolaires », a déclaré le chef de l’Etat lors d’un discours à l’Elysée.
« La vidéo protection est aujourd’hui un moyen fondamental de la politique de sécurité. La présence d’une caméra est l’outil le plus dissuasif qui soit pour un délinquant », a-t-il plaidé.
« 10.000 caméras ont été installées avec des financements de l’Etat. La LOPPSI 2 va nous fournir les moyens juridiques de donner une impulsion nouvelle à cette politique », a-t-il ajouté.
Il a déploré « les réticences de certains élus à s’engager dans la voie de la vidéo surveillance ». Elle « ne menace pas les libertés, elle protège la liberté de se déplacer et d’aller et venir dans son quartier en toute sécurité », a-t-il affirmé.
Il a invité « les préfets, les procureurs et les inspecteurs d’académie à engager un travail de dialogue et de persuasion avec les élus les plus réservés », et a espéré « que le bon sens l’emporte sur l’idéologie ou les calculs ».

Infographie : la violence scolaire


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(Nouvelobs.com avec AFP)

« Darcos ne s’attaque pas aux causes de la violence scolaire » LEMONDE.FR | 27.05.09

Jeudi 28 mai 2009

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e ministre de l’éducation, Xavier Darcos, a reçu, mercredi 27 mai, les représentants des chefs d’établissement, des parents d’élèves et les représentants des collectivités locales pour trouver des solutions à la violence en milieu scolaire. Cette réunion ayant révélé des divergences persistantes, des pistes vont être soumises, jeudi, à Nicolas Sarkozy, qui tranchera sur la question. M. Darcos a résumé les propositions qu’il fera au chef de l’Etat : portiques de détection d’armes mais « au cas par cas », habilitation juridique des chefs d’établissement et des conseillers principaux d’éducation (CPE) pour contrôler le contenu des sacs des élèves et « force mobile d’agents » placée auprès des recteurs pour intervenir dans les établissements.

OAS_AD(‘Middle1′); dans Revue de presse France

Les enseignants et personnels travaillant en milieu scolaire dénoncent, pour la plupart d’entre eux, des mesures trop sécuritaires et regrettent que le ministre passe à côté des « causes » en voulant trop résoudre les conséquences.

  • Des violences sans armes, par Jeune Prof

J’enseigne dans un établissement où de nombreuses violences sont commises au quotidien. Mais ces violences se produisent sans arme : cris, mépris, insolences, insultes, coups, le tout envers les professeurs, les personnels d’entretien et les camarades. Il ne s’agit pas d’une ZEP et l’établissement n’est pas en région parisienne, pas de banlieue stigmatisée autour, mais les élèves sont 30 par classe, les surveillants changent plusieurs fois dans l’année, les professeurs baissent les bras devant une telle hostilité, et je ne crois pas qu’un détecteur [de métaux] puisse changer la donne ! Des équipes fixes, avec du temps pour chacun, c’est la solution. Les propositions actuelles ne peuvent qu’augmenter les tensions.

L’ÉCOLE REFLÈTE LA SOCIÉTÉ… ET LA FAMILLE

  • Nous recevons de plein fouet la dégradation sociale, par Robert S.

Il y a de temps à autre quelques disputes entre élèves, souvent pour des motifs futiles. Mais il y a surtout les incivilités envers les adultes de la communauté éducative. Mon collège est en zone urbaine sensible. Nous recevons de plein fouet la dégradation sociale dans les quartiers. Cela se traduit par un rejet de l’institution, une démotivation à l’égard du travail. Les élèves n’ont plus la sensation que l’école peut les aider à sortir d’une condition précaire. Pourtant, un travail sur projet peut porter ses fruits. L’investissement des enseignants, leur envie de communiquer, l’empathie avec les élèves peuvent encore obtenir des résultats. Néanmoins, sans amélioration sociale, l’avenir s’annonce difficile. Les portiques, fouilles… risquent d’aggraver le sentiment de rejet que ressentent les élèves.

  • L’école est le miroir d’une société qui banalise la violence, par Marie E.

Il y a des violences dans l’établissement où je travaille. Violence verbale des élèves, entre eux et à l’égard des enseignants ; violence physique des élèves et des parents venus régler leurs comptes eux-mêmes. Dans ce contexte, l’éducation ne peut se faire qu’après avoir rétabli une autorité et rappelé les codes sociaux élémentaires : l’école est le miroir d’une société qui banalise la violence. Elle n’est pas toujours liée à des situations familiales ou sociales défavorisées. Une discussion menée avec les élèves, tant bien que mal sur ce problème, fait apparaître que, pour eux, la violence est « attractive », distrayante », un » défoulement ». Leurs films préférés sont les films d’horreur, et certains jouent aux jeux « où on tue des gens ». Rien de plus facile, selon eux, que de contourner les portiques ou autres. Quant aux parents qui viennent insulter ou agresser, enseignants, administration, comment ne pas constater qu’ils ne font plus confiance à l’autorité compétente ? Dans ce contexte, que valent les propositions du ministre ?

  • Une question d’éducation, par Valérie D.

Enseignante spécialisée dans les Rased, voués à disparaître, je suis chaque jour confrontée à des élèves en grandes difficultés scolaires mais aussi en détresse psychologique. Des enfants qui, dès la maternelle, traînent des valises bien trop lourdes pour eux : séparation, disputes, violences, alcoolisme, démission… on n’imagine pas tous les fantômes qui hantent ces chères petites têtes ! A cela vient se rajouter la méfiance des parents vis-à-vis de l’institution scolaire qui est largement entretenue par des politiques opportunistes en mal de projet politique. J’ai le sentiment que plus que jamais l’école devient une poudrière, une sorte de bouc émissaire que l’on souhaite accabler de tous les maux de notre société. L’école est d’abord le reflet d’une société, comme elle aujourd’hui, elle est fragmentée, affaiblie dans ses fondements. A défaut d’une vision claire, d’un projet pour l’école et la nation, les ministres se contentent désormais de mesurettes destinées à satisfaire soit l’opinion publique, soit leur propre ambition personnelle. Xavier Darcos est certainement dans cette veine, sa méconnaissance du système scolaire est effrayante. A ce niveau de responsabilité, l’incompétence est une faute professionnelle grave.
TROP D’ÉLÈVES, PAS ASSEZ DE SURVEILLANTS

  • Ils s’attaquent aux faits, non pas aux causes, par Jean-Baptiste P.

Je suis enseignant dans un collège à Grenoble. Nous sommes confrontés à des violences verbales et physiques, à l’irrespect de l’institution avec un durcissement significatif ces derniers mois. Les problèmes sont provoqués par quelques élèves, qui avant étaient accueillis dans des structures adaptées. Aujourd’hui on accueille toute la classe d’âge, sans moyen supplémentaire au sein de l’établissement. L’augmentation des effectifs par classe est un véritable problème ; l’arrivée de jeunes adultes encadrants souvent non formés au milieu scolaire n’apaise pas le climat général (tendance au copinage).  La solution serait de développer une nouvelle approche pédagogique, une véritable recherche que seuls les enseignants pourront expérimenter et valider avec les élèves, avec le soutien du ministère. Il est urgent de restaurer une confiance à l’égard des enseignants, qui sont un maillon important dans la sociabilisation des générations futures.

  • Trop peu de surveillants, par Thiercelin G.

Enseignante en lycée professionnel, j’ai été mutée, il y a six ans, à Paris après un « purgatoire » obligé en ZEP (cinq ans) et j’ai été étonnée du nombre très faible de surveillants et de leur statut ! D’année en année leur nombre s’est restreint et aujourd’hui, dans mon établissement, en plein cœur de Paris, il y a des étages entiers sans aucune présence adulte hormis celle des professeurs. Le nombre des agents d’entretien ayant également fondu, on se trouve dans des espaces non sécurisés. Nous avons un besoin urgent de personnel capable de désamorcer les tensions et non d’ »appareillage » grégaire favorisant des sentiments d’humiliation et de rejet chez des élèves déjà très remontés contre l’institution. Nous adorons notre métier mais accordez-nous un ministre au fait des violences que nous subissons aujourd’hui dans les établissements sensibles et d’une hiérarchie courageuse et non obnubilée par leur promotion. Rétablissons le nombre de personnel encadrant formé et ayant un statut digne, le droit d’envoyer des élèves en conseil de discipline sans passer par une procédure qui dure une année entière, ce qui discrédite toute l’équipe par le harcèlement quotidien de ces élèves devant la classe entière.

  • J’ai cru que c’était une blague.., par Julien De F.

Je suis assistant d’éducation (AED) dans une ZEP de la région parisienne et cette annonce m’a tellement surpris que j’ai cru que c’était une blague. On voit que le ministère est à des années-lumière de la réalité du terrain. Ce dont ont besoin les établissements difficiles, c’est avant tout d’un personnel pédagogique qualifié et mieux formé, et surtout plus disponible. Dans mon travail quotidien, j’ai largement eu l’occasion de constater qu’un accompagnement plus proche de l’élève était bien plus à même de calmer ceux-ci que des mesures répressives.

Une discussion d’une quinzaine de minutes en tête à tête est bien souvent plus à même d’instaurer une écoute entre les enseignants ou les AED et nos élèves qu’une exclusion ou l’acte humiliant que constituerait une fouille. Une discipline bête et bornée ne vaudra jamais l’instauration du respect mutuel permettant le travail commun. Quant aux élèves en grande difficulté, c’est d’abord en améliorant le rapport avec les parents et les structures alternatives d’accompagnement qu’on pourra mieux les encadrer. Plus généralement, c’est en donnant une réelle perspective d’avenir aux élèves des quartiers défavorisés qu’on combattra efficacement échec scolaire et délinquance.

XAVIER DARCOS SUR LA BONNE PISTE

  • Un plus, mais cela ne suffira pas par Bernard S.

Je suis chef d’établissement d’un collège de quartier difficile. On parle de ces problèmes depuis trop longtemps, et il est un peu désespérant de voir que les solutions ne sont envisagées ni dans leur globalité ni avec une suffisante volonté. Plusieurs choses manquent. Ce que propose le ministre est un plus, mais cela ne suffira pas. Deux axes doivent être menées de front : une politique de la « porte ouverte » qui ne laisse aucun doute dans l’esprit des élèves sur le fait que l’institution est à même de les aider sérieusement, l’organisation actuelle des collèges (en termes de moyens et de contenus) est très loin du compte actuellement. Et une réflexion sérieuse sur la sanction : l’impunité (ou le sentiment d’impunité) sont évidents. Comme ces deux aspects sont tous deux traités de façon insuffisante, se développe chez les élèves de ces quartiers le double sentiment de n’être pas « aidés » et de pouvoir faire sans réelle crainte ce qu’ils veulent. Ce cocktail est évidemment créateur de violence. Il faut former les enseignants sérieusement à la gestion de conflit pour éviter les conflits inutiles et faire descendre au maximum la pression, mettre en place des structures ambitieuses de remédiation dans ou à côté des établissements et, enfin, ne pas oublier que sur 300 élèves, 10 ou 20 empêchent les 280 autres de travailler faute de solutions, cela est indigne du service public…

  • Soutenons Darcos, par Françoise L.

Prof de Lettres, depuis peu en retraite, je ne regrette pas d’avoir moi-même, après dénonciation par un élève, fouillé le cartable d’un garçon de 4e qui contenait tout un arsenal : six ou sept armes blanches, couteaux, tiges métalliques, grattoir et outils de jardinage bien affûtés et destinés à épicer une guerre entre clans dans la cour de récréation, conflit qui se développait depuis plusieurs jours, ayant pris son origine ailleurs, dans un lotissement voisin. Le guerrier en question, envoyé au bureau du principal, a été dûment puni (sans qu’on daigne me dire si ça avait apaisé les ardeurs combatives des élèves, mais bon).

A la différence de ce que racontent certains leaders syndicaux ou politiques, j’ai vu que la violence est souvent importée dans les établissements et je crois bien entendu à l’action pédagogique et à la politique mais aussi aux mesures proposées par M. Darcos : comme il faut deux jambes pour marcher, il faut de la pédagogie et de la surveillance. Je me mets à la place des jeunes profs de banlieue et je maudis les imbéciles bien-pensants qui refusent à l’école les moyens d’assurer la sécurité des élèves comme celle des personnels.

Sécurité à l’école : des pistes soumises jeudi à l’Elysée NOUVELOBS.COM | 27.05.2009

Jeudi 28 mai 2009

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Les propositions du ministre Xavier Darcos, comme l’installation de portiques, seront ou non validées par l’Elysée jeudi. Les chefs d’établissements scolaires ont montré leur modération face à ces mesures.

Xavier Darcos (Sipa)

Xavier Darcos (Sipa)

A l’issue d’une réunion au ministère de l’Education nationale avec les collectivités locales, les parents d’élèves et les chefs d’établissement, le ministre Xavier Darcos a annoncé mercredi 27 mai que des pistes contre l’intrusion d’armes en milieu scolaire vont être soumises à l’Elysée jeudi.
Pour « dissuader » l’intrusion d’armes, le ministre de l’Education a proposé la mise en place de portiques de détection, « mais pas de façon systématique ». « Je reconnais que le portique, c’est un peu compliqué à mettre en place », a-t-il affirmé à la presse, son ministère évoquant du « cas par cas », dans les établissements où des « diagnostics de sécurité » auront fait apparaître un besoin.
Afin de contrôler les élèves, Xavier Darcos affirme qu’ »il faut que nous trouvions une solution pour habiliter les personnels » à le faire dans les établissements, ce qui n’est pas possible actuellement.

Sanctions financières pour les parents

Au sujet des « forces mobiles » intervenant dans les écoles, « ce système, qui semble-t-il a provoqué beaucoup d’émotion, existe déjà, par exemple dans l’académie de Versailles », a-t-il souligné.
Le ministre de l’Education a également insisté sur la formation des personnels des collèges et lycées et « leur protection juridique ». Le ministre a aussi insisté sur la formation des personnels des collèges et lycées et leur « protection juridique ».
Autre mesure : mettre en place un régime de sanctions financières pour les parents des élèves ayant introduit des armes au sein d’un établissement.

Mesures « dangereuses »

Les syndicats enseignants ont dénoncé des mesures « dangereuses et contre-productives » et une « lamentable opération politicienne » et réclamé des moyens humains.
Secrétaire général du principal syndicat des chefs d’établissements (SNPDEN), Philippe Tournier, participant à la réunion, a nuancé les propos du ministre. Sur les portiques, il a dit « pourquoi pas, mais localement et s’il y a consensus » de la communauté éducative en ce sens. Il estime que l’Assemblée des départements de France (ADF) a marqué son « total désaccord » à ce sujet. Concernant l’idée initiale du ministre de l’Education que chefs d’établissements et conseillers principaux d’éducation deviennent officiers de police judiciaire pour faire des fouilles, Philippe Tournier a indiqué que « cette piste » semblait « abandonnée », évoquant plutôt « des possibilités juridiques au cas par cas ».

Campagne électorale

Quant aux « brigades de paix scolaire, on semble s’orienter vers des personnels dans les établissements », a-t-il poursuivi. Le président de la fédération de parents d’élèves Peep, Philippe Vrand, a évoqué de « propositions raisonnables », donnant son « aval » aux « portiques » et aux « nouvelles prérogatives » pour les fouilles, pas aux sanctions des parents. Par ailleurs, pour plusieurs observateurs, la proximité de ces annonces avec l’échéance des élections européennes n’est pas neutre. « Depuis quelques semaines, on voit revenir très fortement le thème de la sécurité dans le discours officiel », constate Gérard Aschieri (FSU).
Le Sgen-CFDT dénonce le « contexte d’une campagne électorale marquée par le retour de la thématique sécuritaire ».
Le ministre de l’Education laisse à l’Elysée le soin de trancher lors d’une réunion jeudi, pour « un plan applicable à la rentrée prochaine ». (Nouvelobs.com)

Darcos tend les armes à Sarkozy Libération 23-05-09

Dimanche 24 mai 2009

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Education. Les propos du ministre sur la fouille des élèves relancent le débat sécuritaire.

Par VÉRONIQUE SOULÉ

Le président de la République et son ministre de l'Education nationale Xavier Darcos à Blois, en

Le président de la République et son ministre de l’Education nationale Xavier Darcos à Blois, en septembre 2007.
Philippe Wojazer / Reuters

Darcos, le retour. Discret depuis l’abandon de sa réforme du lycée, le ministre de l’Education nationale vient de frapper fort en prônant notamment une «force mobile d’agents» contre la violence scolaire. Il a provoqué un beau tollé et, en même temps, à l’approche des européennes, il rend un fier service à Nicolas Sarkozy qui aime surfer sur les thèmes sécuritaires en période électorale.

Surenchère. En ouvrant jeudi le congrès de la Peep (la seconde fédération de parents d’élèves du public, classée à droite), Xavier Darcos avait rappelé le drame de Fenouillet (Haute-Garonne) – l’agression au couteau, le 15 mai, d’une enseignante par un élève de 13 ans. Il avait alors proposé une série de mesures musclées : «Les personnels doivent avoir le droit de faire ouvrir le cartable ou de fouiller l’élève qu’ils suspectent de vouloir introduire des armes.» Il avait ensuite évoqué la «possibilité de créer, auprès des recteurs, une force mobile d’agents qui pourront intervenir dans les établissements sur des missions de prévention et de contrôle». Il avait enfin suggéré d’«infliger des sanctions financières, proportionnées à la faute»de leur enfant aux parents démissionnaires.

Dès jeudi soir, la plupart des syndicats – d’enseignants, de lycéens, de proviseurs -, ainsi que la première fédération de parents d’élèves (FCPE ), ont dénoncé «la gesticulation sécuritaire» et «un remède pire que le mal». Vendredi, c’était au tour du monde politique de monter au créneau. De l’extrême gauche au Nouveau Centre, allié à l’UMP, les hommes politiques se sont livrés à une surenchère de protestations.

Le député (PS) Jean-Christophe Cambadélis a dénoncé le «GIGN scolaire» alors que «pendant des années on a réduit le nombre de surveillants».«Quand un gouvernement en vient à proposer de substituer des policiers aux enseignants, c’est qu’il a échoué sur toute la ligne», s’est écrié Bruno Julliard, secrétaire national du PS à l’éducation.

«Ce qu’il faut, c’est rétablir l’autorité à l’école en mettant davantage d’adultes, d’éducateurs, de surveillants», a souligné Marielle de Sarnez, du Modem. Philippe Vigier et Nicolas Perruchot, députés du Nouveau Centre, ont jugé la proposition «à contre-courant», redoutant qu’elle fasse au contraire «monter les tensions». Aujourd’hui, «on arrête les enfants entre 6 et 10 ans, on les amène au poste, a protesté Daniel Cohn-Bendit pour les Verts, et maintenant on va les fouiller de l’école maternelle au bac, mais c’est de la folie» (lire ci-contre).

Le ministre de l’Education n’a guère trouvé qu’un soutien en l’affaire, outre l’UMP : celui du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers. Xavier Darcos «a lancé un débat», s’est félicité le leader du MPF : «Je comprends qu’il souhaite réagir très vite vis-à-vis de l’opinion pour dire : « on fait quelque chose. »»«Notre école est menacée de désintégration», a-t-il conclu. «Refuser par principe les solutions innovantes de Xavier Darcos est tout simplement irresponsable», a tranché le parti présidentiel.

Des décisions pourraient être prises assez vite. Mercredi, le ministre de l’Education organise une réunion sur «la lutte contre l’intrusion d’armes» dans les écoles avec les représentants des chefs d’établissement, des parents d’élèves ainsi que des collectivités locales. Dès le lendemain, lors d’une réunion à l’Elysée «avec les principaux acteurs de la sécurité, de la chaîne pénale et de l’Education nationale», il en exposera les résultats à Nicolas Sarkozy qui pourrait alors trancher. A dix jours des européennes, alors que l’UMP est en tête dans les sondages – mais la cote du Président toujours en berne -, cela pourrait booster la campagne électorale de la majorité. Et pourquoi pas redorer l’image d’un président-qui-se-préoccupe-de-la-sécurité-des-Français ?

Base-ball. «On en est à 20 introductions d’armes par mois dans les établissements, soit un professeur qui risque sa vie 20 fois. Dans le logiciel Sivis sur les violences scolaires, celles avec arme représentent 1 % du total, c’est trop», explique-t-on au ministère pour justifier la soudaine focalisation sur le sujet. Xavier Darcos serait toutefois prêt à transiger avec, par exemple, des détecteurs de métaux portables plutôt que des portiques pour localiser les armes – y compris des battes de base-ball -, ou un nouveau corps de fonctionnaires de l’Education nationale – et non des policiers – pour repérer les élèves suspects à l’e

Fouilles à l’école : l’UMP vole au secours de Xavier Darcos NOUVELOBS.COM | 22.05.2009

Samedi 23 mai 2009

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Le parti majoritaire juge le PS « irresponsable » d’avoir qualifié de « GIGN scolaire » la force mobile d’agents qu’envisage le ministre de l’Education pour lutter contre la violence scolaire.

(Sipa)

(Sipa)

L‘UMP a jugé vendredi 22 mai que le PS était « irresponsable » en cherchant à « ridiculiser » les propositions du ministre de l’Education Xavier Darcos contre la violence scolaire.
Le Parti socialiste a » tort de vouloir ridiculiser » ces propositions qui visent à « éviter l’importation de la violence dans les établissements », a indiqué le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, dans un communiqué.
« Refuser par principe les solutions innovantes de Xavier Darcos, qui ont l’immense mérite de concilier la nécessité de respecter l’école comme un lieu à part, tout en donnant à la société les moyens de réagir à la violence, est tout simplement irresponsable », ajoute-t-il.
« Que diront tous ceux qui critiquent par principe les mesures qu’il propose au prochain drame qui ne manquera malheureusement pas d’arriver ? Cette réaction marque un décalage du PS avec la réalité que vivent de nombreux enseignants et de nombreuses familles qui ont droit à la sécurité », selon le parti majoritaire.

« il a réduit le nombre de surveillants »

Xavier Darcos envisage « une force mobile d’agents » intervenant en milieu scolaire « sur des missions de prévention et de contrôle » de la violence, et a évoqué la possibilité de fouiller des élèves suspectés de transporter des armes.
Opposition et syndicats ont réagi avec vigueur à ces propositions.
Le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis affirme que Xavier Darcos « se moque un peu du monde » en proposant de créer « une espèce de corps spécial, un GIGN scolaire« , alors que « pendant des années, il a réduit le nombre de surveillants ».
« Pendant des années il a réduit le nombre de surveillants, donc il a demandé aux enseignants de surveiller les enfants, alors qu’ils ne peuvent pas faire les deux choses, et maintenant il voudrait constituer une espèce de corps spécial, un GIGN scolaire, une brigade scolaire », s’est indigné Jean-Christophe Cambadélis sur RMC.

« Prévention et dialogue »

« Le problème n’est pas tant d’avoir une brigade spéciale ou demander aux enseignants de fouiller les cartables des enfants, le problème est d’avoir un encadrement de surveillants » qui « sont là tout au long de l’année, qui connaissent les enfants » et « peuvent les suivre », a-t-il affirmé. Ceux qu’on appelait autrefois « les pions ».
Le Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées) a réagi en dénonçant la « surenchère sécuritaire du ministre ». Le ministre « se lance aujourd’hui dans une surenchère sécuritaire », alors que « seules des mesures éducatives de prévention et de dialogue avec les élèves et leurs familles sont adaptées », estime le syndicat. Or, « les personnels de l’éducation nationale peuvent de moins en moins assurer leurs missions éducatives du fait des 30.000 suppressions d’emplois réalisées depuis trois ans et les 17 à 18.000 suppressions envisagées pour 2010 contribueront à dégrader encore davantage la situation ».

Il faut « de la confiance »

L’Unsa-Education considère pour sa part que la proposition du ministre tient « plus du souci de communication que du souci d’action de fond ». « C’est un coup des portiques, un coup ça », a réagi Luc Bentz, secrétaire national de l’Unsa Education. Tandis que pour Jérôme Crozat, chargé de la communication de ce syndicat d’enseignants: « Ca pourrait introduire de la suspicion dans l’établissement ». Il est « essentiel que, malgré tout, il y ait de la confiance entre personnels et élèves ».
Pour sa part, la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl) juge que « la solution pour contrer les phénomènes de violences ne se résume pas » à installer des « portiques de sécurité à l’entrée des collèges ou des lycées », et « encore moins » à mettre « en place une police des écoles ». Selon le syndicat lycéen, il faudrait plutôt « commencer par maintenir la présence d’adultes dans les établissements scolaires au lieu de continuer à supprimer massivement des postes dans l’éducation nationale ».

« C’est concrètement pas possible »

Du côté des politiques, Nathalie Arthaud, la porte-parole de Lutte ouvrière (trotskiste), a qualifié les propositions du ministre de « très démagogiques ». « Que veut-il faire croire? Qu’il suffira de faire porter un uniforme de policier aux enseignants pour qu’il n’y ait plus de violence, de comportements agressifs dans les écoles, dans les collèges, dans les lycées. Non, ça personne ne le croira », a-t-elle déclaré sur France 2. « J’accueille une classe, il y a 35 élèves, il faut que je fouille tout le monde? C’est concrètement pas possible », a ajouté la porte-parole de LO, qui est enseignante.
« J’ai même des difficultés parfois à faire mon métier » face à des élèves qui connaissent « des difficultés qui sont nées au primaire, au moment où on n’a pas été capable d’apporter à tous ces jeunes ce dont ils ont besoin pour se sentir bien dans leur tête », a-t-elle poursuivi.
Selon elle, il faut avant tout « stopper toutes ces suppressions d’emplois » et « au contraire en créer dans les quartiers difficiles ».
(Nouvelobs.com avec AP)

Estrosi propose une unité de police en milieu scolaire J.B. (lefigaro.fr) Avec AFP 18/05/2009

Jeudi 21 mai 2009

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Le député-maire UMP de Nice souhaite que des policiers spécialement formés puissent intervenir dans les écoles en cas de violence, sur demande du chef d’établissement.

Estrosi propose une unité de police en milieu scolaire J.B. (lefigaro.fr) Avec AFP 18/05/2009 dans Education nationale coeur-Christian Estrosi se veut décidément au premier rang dans la lutte contre l’insécurité. Celui qui sera fin juin le rapporteur d’une proposition de loi visant à punir les délits commis en bande et les violences avec port de la cagoule entend désormais créer une unité de police chargée d’intervenir contre les violences en milieu scolaire. Le député-maire UMP de Nice en a fait la proposition lundi lors de l’installation d’une unité territoriale de police dans un quartier de la ville dont il est l’élu.

«Cette unité, formée spécialement pour les violences en milieu scolaire, serait en contact avec les chefs d’établissements. Elle pourrait, sur demande du chef d’établissement, intervenir dans l’école en cas de problème», a déclaré Christian Estrosi. Il a précisé que les policiers appartenant à cette unité devraient avoir une «formation particulière» pour pouvoir intervenir en milieu scolaire.

Cette proposition intervient notamment après une série d’agressions dans des collèges et lycées. Début janvier, un professeur d’un lycée professionnel de Mayenne a été blessé à coups de couteau par un élève de 18 ans. Dix jours plus tard, dans un collège privé mosellan, un élève de 12 ans a entaillé la joue de son enseignant avec des ciseaux. En mars, le directeur d’un lycée privé du Bas-Rhin a été agressé au canif. Enfin, dernier cas signalé, une professeure de mathématiques d’un collège proche de Toulouse a été blessée au couteau vendredi par un élève de 13 ans. L’apparition des armes en milieu scolaire a conduit Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale, à envisager l’installation de portiques de détection de métaux devant certains établissements, expliquait Le Figaro dans ses éditions de lundi.

Début mai, Christian Estrosi avait déposé à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à créer une infraction réprimant la «participation à une bande violente» et les violences avec port de la cagoule. Le texte doit être débattu fin juin. Le délit de participation à une bande violente serait passible de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende, selon le vœu du maire de Nice.

» L’inquiétante apparition des armes en milieu scolaire