Archive de la catégorie ‘Outrage’

Aux Minguettes, prison ferme sur la simple parole des flics mercredi 28 juillet 2010

Jeudi 5 août 2010

Une fois de plus c’est la parole de la police, seule, sans complément d’enquête et contre l’avis des témoins et des prévenus qui va envoyer deux personnes, L. et J. en prison pour respectivement cinq et trois mois de prison ferme, plus 900€ de dommages et intérêts pour L.

L’action se situe aux Minguettes, lundi 5 juillet. L. est arrêté par trois membres de la BAC alors qu’il prévient ses amis de l’arrivée des decks au pied de l’immeuble. L’arrestation de L. n’a rien à voir coté policier et coté arrêté : d’un coté les insultes des flics et leur violence, mais pour la police un acte qualifié de « rebellion avec violence contre un agent de police ».

Durant son interpellation quelques habitants du quartier se rapprochent (150 personnes selon la police), insultent les policiers, et leur lancent des projectiles divers (toujours version de la police). Sont appelés en renfort deux équipages de la BAC(entre 6 et 7 BACeux forment un équipage) qui attaquent la foule à la grenade lacrymogène ! Pourtant, selon divers témoins, c’est à peine une quinzaine de personnes qui s’est rapprochée lors de l’arrestation, et quelques projectiles seulement ont été lancés sur les policiers.

J. s’occupe dans le parc à proximité de sa fille de deux ans, s’approche pour observer puis remonte chez lui. Bien que la présence de sa fille rende peu plausible une participation à une émeute spontanée, la BAC interviendra pour l’arrêter à son domicile dans la foulée, non sans avoir défoncer la porte d’entrée à coup de bélier. Il perd une dent dans la violence de l’arrestation.

L’émeute a donc beau être un fantasme de la police, elle envoie en taule deux personnes sur la simple parole des BACeux. Mais peut-être ces derniers cherchent-ils à présenter leur travail comme plus risqué pour pouvoir bénéficier, à l’instar de leurs collègues grenoblois, de quelques vacances aux frais du contribuable… Ou alors est-ce un épisode de plus de harcèlement réussi : à la Villeneuve comme ailleurs, ça sent de plus en plus la poudre entre la population et la BAC. Source : Le Progrès (une nouvelle fois du côté de la police sans se poser de question) et Lyon Cap’ qui a fait un article intéressant par contre : http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualite/Justice/Minguettes-prison-ferme-pour-un-caillassage-de-la-BAC

http://rebellyon.info

6 de la Fête de la musique : ••• « La baudruche s’est dégonflée » CP 30-07-10

Vendredi 30 juillet 2010

6 de la Fête de la musique : ••• « La baudruche s’est dégonflée » CP 30-07-10 dans 21 juin

130x130_44826 dans OutrageJean-François Chazerans (ici à droite) et les autres membres du collectif, hier sur les marches
du Palais de justice peu après l’énoncé du jugement.

fdelage

Ce n’était ni la foule des grandes mobilisations, ni la tension palpable des moments critiques: c’est dans le calme, à défaut de vraie sérénité, qu’une cinquantaine de proches et sympathisants des jeunes accusés se sont retrouvés hier en début d’après-midi devant le Palais de justice. Avant d’assister pour une bonne part d’entre-eux à l’énoncé d’un jugement qui aura au final suscité des réactions paradoxales.
«On est soulagés car il n’y a heureusement pas de peine de prison ferme!», convenaient vite Jean-François Chazerans et Danièle Evillard, porte-paroles du comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux. Mais ils nuançaient aussitôt ledit soulagement: «En même temps, on est outrés par le fait qu’ils soient condamnés à du sursis et à payer des sommes importantes alors que ce sont eux qui ont été victimes de provocations! On demandait qu’ils soient purement et simplement relaxés.»

« Des magistrats exceptionnels »

Un peu plus tard, Me Simone Brunet, avocate d’une partie des jeunes, se montrait pour sa part raisonnablement satisfaite: «La baudruche s’est quand même largement dégonflée et les choses sont revenues à de plus justes proportions.»
Et l’avocate de rendre un inhabituel hommage au tribunal: «Cette affaire a eu la chance d’être traitée par des magistrats exceptionnels qui ont permis 10heures d’audience, sans jamais regarder la montre. Le tribunal a fait son travail mais c’est une Justice de luxe, complètement à contre-courant de l’orientation politique qui veut qu’à l’avenir, tout aille plus vite…»

Frederic DELAGE

Vendredi 30 juillet 2010

 

Note finale au procès de la Fête de la musique CP 30-07-10

Le tribunal correctionnel a rendu hier son jugement dans le dossier qui mettait en cause jeunes et policiers le soir du 21 juin dernier.  dans 21 juin

130x130_44825 dans OutrageHier après-midi, la salle d’audience du tribunal correctionnel
a fait le plein pour écouter le jugement du tribunal.

fdelage

Le 21juin dernier, une bouteille éclate aux pieds du patron de la police, place Notre-Dame, en marge de la Fête de la musique. Ce soir-là, le commissaire Jean-François Papineau entend aussi dans son dos une voix féminine proférant des menaces à son encontre. Dans les minutes qui suivent, cinq autres jeunes sont interpellés parce qu’ils auraient tenté d’empêcher l’arrestation de la jeune femme.

Il n’y a pas eu de violences contre les policiers

C’est le début d’une affaire qui va donner lieu à des incarcérations, un procès marathon de dix heures et au bout du compte ajouter une dose d’incompréhension supplémentaire entre la police et une partie de la jeunesse poitevine.
Hier, le tribunal correctionnel rendait son jugement dans cette affaire. Un jugement très attendu par les prévenus bien sûr, leurs familles et quelques dizaines de sympathisants et militants du comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux (lire ci-dessous)
Poursuivis pour des faits de violences, rébellion et outrages, les six jeunes prévenus avaient par la voix de leurs avocats plaidé la relaxe tandis que le ministère public avait requis de la prison ferme allant de quatre à six mois pour cinq d’entre eux et une peine de travail d’intérêt général pour le sixième.
Le tribunal en a décidé autrement. S’il retient chacun des six prévenus dans les liens de la culpabilité concernant l’outrage et la rébellion, il les relaxe pour les faits de violence. Les peines sont donc plus légères: 70h de travail d’intérêt général et deux mois d’emprisonnement avec sursis pour trois d’entre eux, 15jours d’emprisonnement pour un autre et deux mois avec sursis pour Nina, la jeune femme soupçonnée d’avoir menacé le commissaire.
Les douze policiers qui s’étaient constitué parties civiles et qui demandaient 13.000euros de dommages et intérêts recevront 1.500euros que les prévenus devront leur payer solidairement.
A l’issue du délibéré, leur avocat, Me Arzel s’est refusé à tout commentaire. La défense, par la voix de Me Ménard et Brunet a qualifié ainsi la décision des juges: «On a des peines modérées même si on aurait voulu repartir avec rien. On a quand même le sentiment que les juges ont joué l’apaisement.»

Jean-Michel GOUIN

6 de la Fête de la musique : Apaisement CP 30-07-10

Vendredi 30 juillet 2010

 

 

C’est bien connu, les anarchistes complotent contre la police et celle-ci passe son temps à les pourchasser… Est-ce si simple? D’un côté comme de l’autre, ces derniers mois à Poitiers, beaucoup voulaient y croire. Depuis ce qu’il faut appeler les événements du 10octobre dernier (200«casseurs» dans les rues de Poitiers la douce) il y aurait donc d’un côté une jeunesse enragée rêvant d’en découdre avec le pouvoir, de l’autre une police aux ordres oubliant parfois qu’elle est au service de la République… Le 21juin, en marge de la Fête de la musique, les uns et les autres ont-ils voulu rejouer une scène de cet ordre? Le jugement rendu hier par les juges poitevins a au moins ce mérite: en condamnant légèrement les uns sans désapprouver totalement les autres, il aura joué une carte essentielle: l’apaisement.

Jean-Michel GOUIN


Sites anti-police: plainte d’Hortefeux AFP 26/07/2010

Mardi 27 juillet 2010

Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé aujourd’hui avoir déposé plainte contre deux sites internet hostiles à la police, en marge d’un déplacement au commissariat de Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne).

M. Hortefeux n’a pas voulu citer ces sites « pour ne pas leur faire de publicité » mais, selon une source proche du ministère de l’Intérieur, il s’agit de juralibertaire.over-blog.com et grenoble.indymedia.org.

Le ministre a dit avoir déposé plainte pour « injure et diffamation publiques contre la police ». « Il y a des campagnes qui me choquent et que je ne laisserai pas passer », a-t-il expliqué. Selon lui, le contenu de ces sites « porte atteinte à l’honneur de la police ». « Les policiers sont traités de « troupes d’assassins » et la BAC est traitée de « bande armée de criminels », a-t-il précisé.

M. Hortefeux a visité aujourd’hui en compagnie de son homologue espagnol Alfredo Perez Rubalcaba, le commissariat de police de Dammarie-Les-Lys cible d’une fusillade attribuée au groupe basque armé ETA, le 16 mars, dans laquelle un policier a péri.

M. Hortefeux a par ailleurs indiqué qu’il avait « saisi » les responsables de deux entreprises françaises, les poulets de Loué et une entreprise de rôtisserie, dont les campagnes de publicité jouent sur l’acceptation argotique du mot « poulet ». Ces campagnes de publicité « n’ont pas forcément la volonté de blesser », a ajouté le ministre « mais aussi anodine qu’elles soient, elles participent à une forme d’irrespect qui peut conduire à des dérives ».

Violences policières du 21 juin à Poitiers : Si elle ne veut pas se décrédibiliser, la justice doit désavouer la police !

Vendredi 23 juillet 2010

Violences policières du 21 juin à Poitiers : Si elle ne veut pas se décrédibiliser, la justice doit désavouer la police ! dans 21 juin Logo2CAR-300x101

Le procès marathon qui s’est tenu le 8 juillet – suite aux événements du 21 juin à la Fête de la musique de Poitiers –, et lors duquel 6 jeunes prévenus étaient accusés de « faits de violences, rébellion et outrages », a fait apparaître que les choses ne s’étaient pas déroulées comme l’accusation le prétendait : il n’y a pas du tout eu une « rixe avec la police », mais bien, comme les prévenus et leurs avocats ne cessent de le dire, un véritable tabassage policier de militants et militantes connus pour leur engagement politique.

Pour le Comité contre la répression des mouvements sociaux, ces événements sont une illustration supplémentaire des méthodes de répression policières mises en œuvre contre les mouvements sociaux, et en particulier certains de leurs acteurs et actrices – des méthodes expérimentées dans les quartiers puis généralis

ées : harcèlements et provocations en tous genres, suivis de tabassages, d’arrestations, de gardes à vue prolongées et de procès.

En ce qui concerne le 21 juin, les accusés, forts de ce qui s’était passé en octobre dernier et au risque de faire de la prison préventive – ce qui a effectivement été le cas –, ont refusé la comparution immédiate. Ils et elles ont donc été jugés lors de ce long procès du 8 juillet, qui a parfois été critiqué pour sa durée. Pourtant, l’attitude pointilleuse du président n’était-elle pas la seule façon d’éviter une justice expéditive

? Les incohérences et les contradictions dans les déclarations des policiers sont ainsi clairement ressorties, notamment celles du commissaire Papineau, directeur départemental de la sécurité publique : qu’est-il en fait arrivé place Notre-Dame ? comment ce directeur de la sécurité n’a-t-il pas pu reconnaître Nina alors qu’elle était passée à côté de lui ?… Et, de même, leurs omissions ont sauté aux yeux de tous – en particulier, faire état d’une condamnation antérieure pour une personne sans préciser qu’elle a ensuite été relaxée. Bien d’autres éléments sont apparus tout aussi nettement : que l’accusation reposait sur les seuls témoignages des policiers, également parties civiles, alors que d’autres gens avaient été témoins des événements – la défense a ainsi produit six témoignages ; que l’enquête sur le terrain avait été inexistante…

Nous espérons vivement que la justice tiendra com

pte de tous ces éléments et relaxera les 6 inculpés. Seulement, nous savons aussi que les juges suivent systématiquement la police dans les affaires la mettant en cause. Ils ont certainement peur que la désavouer, dans une société reposant sur la répression, ne conduise au désordre. Mais, dans le contexte de Poitiers, les choses ne sont pas aussi simples. La police s’est déjà fortement décrédibilisée. D’abord et bien sûr avec l’affaire du 10 octobre, où déjà les policiers, victimes et témoins mais aussi enquêteurs, étaient parties civiles et ont inventé un scénario. Puis – et depuis plus d’un an – avec toute une série d’affaires de « dégradations », d’ « outrages », d’« insultes » et de « menaces de mort » qui sont autant de montages policiers. Ensuite, lors de la manifestat

ion en soutien aux sans-papiers du 6 février dernier, où la police a littéralement perdu son sang-froid, et arrêté pour mettre en garde à vue 6 jeunes connus pour être des militants devant les yeux ébahis des militants associatifs locaux.
Enfin, avec ce qui pourrait devenir l’affaire de la rentrée : cette personne tabassée par la Brigade anticriminalité au centre commercial des Cordeliers, le 24 juin dernier, et qui a été forcée de porter plainte à la gendarmerie étant donné que le procureur avait refusé de l’entendre.

Lors du délibéré du 29 juillet, soit la justice désavoue enfin la police et prononce une relaxe des 6 inculpés. Soit elle les condamne – ou encore cherche à ménager la chèvre et le chou en mélangeant peines de prison ferme, de prison avec sursis, et relaxe –, et elle prend alors le risque de se décrédibiliser elle-même.

Rassemblement devant le palais de justice de Poitiers le 28 juillet à 18 h !

Soutien lors du délibéré, le 29 juillet à 14 h !

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux – antirep86@free.frhttp://antirep86.free.fr

Relaxe pour les quatre de Tours, les 6 de Pau et Alain Evillard de Poitiers ! Le délit de « diffamation », d’« outrage », d’« injure », la nouvelle arme de la censure !

Mercredi 21 juillet 2010

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux est solidaire des quatre de Tours. En effet, à l’initiative du ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, à qui ses propos racistes ont valu une récente condamnation en correctionnelle, deux militant-e-s du réseau RESF d’Indre-et-Loire, et deux du collectif Soif d’Utopies sont poursuivis devant le Tribunal correctionnel de Tours pour « diffamation publique » contre l’administration préfectorale : ils avaient dénoncé les méthodes utilisées dans la chasse aux sans-papiers et à leurs enfants, rappelant celles de la police de Vichy, en particulier l’utilisation par l’administration des fichiers de la « base-élèves ».

Après l’affaire des 6 de Pau, poursuivis pour outrage pour avoir établi cette même comparaison, après la mise en examen d’Alain Evillard de Poitiers le 29 juin dernier pour avoir comparé le procureur du procès du 12 octobre 2009 à Maurice Papon, c’est un pas de plus qui est franchi dans la criminalisation du militantisme, les restrictions à la liberté d’expression, la toute-puissance sécuritaire.

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux est solidaire du combat de ces militant-e-s pour le respect des droits et de la dignité de chacune et de chacun. Nous considérons qu’en s’exprimant comme elles l’ont fait, les personnes aujourd’hui poursuivies n’ont fait que suivre leur conscience, et ont dit ce que, avec des millions de nos concitoyens, nous ressentons lorsque les enfants des écoles sont utilisés pour traquer leurs parents ou lorsqu’ils expriment leur indignation face à l’ injustice.

Dans le procès qui leur est fait, nous les soutenons, et nous appelons à les soutenir. Nous demandons leur relaxe pure et simple. Nous appelons enfin à signer leurs pétitions :

4 de Tours : http://baleiniers.org/la-petition

6 de Pau : http://www.educationsansfrontieres.org/article28939.html

Alain Evillard de Poitiers : http://3cites.free.fr/spip.php?article19

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociauxantirep86@free.frhttp://antirep86.free.fr

Violences policières du 21 juin à Poitiers : jusqu’où la justice soutiendra-t-elle ?

Dimanche 18 juillet 2010

Violences policières du 21 juin à Poitiers : jusqu’où la justice soutiendra-t-elle ? dans 21 juin Logo2CAR-1024x346

Si la presse, à chaud et sous la pression des événements ne dispose pour donner l’information que des éléments fournis par la police, elle le fait surtout au début des «  affaires » . Que ce soit pour le 10 octobre ou pour le 21 juin à Poitiers, ces mêmes médias ont peu à peu infléchi cette ligne pour prendre en compte les versions émanant d’autres interlocuteurs, faisant ainsi des analyses plus pluralistes et plus nuancées.

En va-t-il de même pour la justice ? Concernant le 10 octobre, cette dernière ayant immédiatement suivi ce que lui servait la police a condamné lourdement, et elle n’est pas, par la suite, revenue sur ces peines disproportionnées. Pouvait-elle d’ailleurs vraiment le faire ? Il semblerait que non : ç’aurait été désavouer la police. Elle s’est pourtant, par là, largement décrédibilisée. Car enfin, mettre en prison sans preuves des personnes qui n’avaient jamais été condamnées et qui étaient connues pour leur engagement politique, et surtout confirmer cette décision en appel trois mois plus tard, a montré aux yeux de tous – y compris de la presse – une justice couvrant la police et aux ordres du ministère de l’Intérieur.

La justice, y compris le parquet, peut pourtant ne pas s’aligner sur la police. On l’a vu en mars dernier où Nina a été relaxée suite à l’appel du procureur : durant ce procès, l’avocat général a suggéré une telle fin, en démontant tous les éléments de l’accusation parce que la procédure n’avait pas été suivie correctement, et en s’en remettant au tribunal.

En ce qui concerne le 21 juin, les accusés, forts de ce qui s’était passé en octobre dernier, ont refusé la comparution immédiate. Ils et elles ont été jugés le 8 juillet lors d’un procès marathon qui a parfois été critiqué pour sa durée. Mais l’attitude pointilleuse du président n’était-elle pas la seule façon d’éviter la justice expéditive précédemment exercée ? Lors de ce procès au long cours, les incohérences et contradictions dans les déclarations des policiers sont clairement ressorties, en particulier celles du commissaire Papineau, Directeur Départemental de la Sécurité Publique. Et de même leurs omissions – comme faire état d’une condamnation antérieure de l’un d’eux pour violences sans préciser qu’il avait été relaxé, n’étant en rien responsable de ces violences. Et bien d’autres éléments sont apparus nettement : que l’accusation reposait sur les seuls témoignages des policiers, également partie civile, alors que d’autres personnes avaient été témoins des événements – la défense en a ainsi produit six ; que l’enquête sur le terrain avait été inexistante… et surtout que les choses ne s’étaient pas passées comme l’accusation le prétendait, mais bien comme les prévenus et leurs avocats ne cessent de le dire : c’est un véritable tabassage policier de militants et militantes connus pour leur engagement politique qui a eu lieu lors de la Fête de la musique à Poitiers !

Pour le Comité contre la répression des mouvements sociaux, ces événements sont une illustration supplémentaire des méthodes de répression policières mises en œuvre contre les mouvements sociaux, et en particulier certains de leurs acteurs et actrices – des méthodes expérimentées dans les quartiers puis généralisées : harcèlement suivi de tabassages, d’arrestations, de gardes à vue prolongées et de procès. Que les forces de l’« ordre » se sentent aussi libres dans leurs façons d’agir traduit un rapport de forces en leur faveur. Grévistes, jeunes militants, sans-papiers, « radicaux » en font les frais depuis trop longtemps.

Relaxe de tous les inculpés du 21 juin !

Rassemblement devant le palais de justice de Poitiers le 28 juillet à 18 h

Soutien lors du délibéré, le 29 juillet à 14 h !

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociauxantirep86@free.frhttp://antirep86.free.fr

Justice sans climatisation NR 10/07/2010

Samedi 10 juillet 2010

Deux pauvres ventilateurs qui brassent à grand-peine l’air lourd du tribunal. Ça sent la sueur, il faut s’éponger le front et s’éventer la figure. On imagine ce que doivent endurer magistrats et avocats sous leurs lourdes robes noires. Engoncée dans son habit traditionnel, la justice est moite comme dans un film de genre. Une ambiance à la Midnight Express. Sauf qu’on est bien à Poitiers, et pas dans la Turquie des années soixante-dix.
Est-ce bien raisonnable de juger des jeunes gens à plus de trois heures du matin, un jour de canicule ? Est-on en mesure d’apprécier à leur juste valeur telle attitude d’un prévenu, tel argument d’un avocat ? Jeudi soir, jamais l’un des trois juges n’a levé les yeux vers la pendule. Jamais ils n’ont cillé. Concentrés sur leur mission de service public, les magistrats ont été au bout du fond du dossier, pour ne prêter le flanc à aucune critique de procédure.

Un procès peut-il ramener la paix sociale à Poitiers ? NR 10/07/2010

Samedi 10 juillet 2010

Il aura fallu dix heures d’audience pour que les protagonistes des heurts de la fête de la Musique puissent tous s’exprimer. Jugement le 29 juillet.

Pendant une suspension de l'audience, il  est trois heures du matin, il fait encore 35°C dans la salle, tout le  monde est parti chercher un peu de fraîcheur. -

Pendant une suspension de l’audience, il est trois heures du matin, il fait encore 35°C dans la salle, tout le monde est parti chercher un peu de fraîcheur. –  - Photo NR

Un procès peut-il ramener la paix sociale à Poitiers ? NR 10/07/2010 dans 21 juin

Il est 4 h 15 du matin, le président du tribunal correctionnel préfère se donner quelques jours de réflexion pour rendre sa décision. Les six jeunes prévenus qui lui font face seront fixés sur leur sort le 29 juillet à 14 h. Tous les six étaient poursuivis pour des faits de violences, rébellions et outrages commis le soir de la fête de la musique à Poitiers (voir nos précédentes éditions).
Ce soir-là, le commissaire de police Jean-François Papineau a pris en chasse une jeune femme, Nina, qu’il soupçonnait d’avoir jeté une bouteille en verre dans sa direction et proféré une menace de mort. Il l’intercepte place de la Liberté. L’interpellation est contestée par cinq jeunes qui ont suivi la course-poursuite, qui sont à leur tour interpellés.
Depuis, deux versions s’opposent. Les auditions des policiers font état de violences, de rébellion et d’outrages. Les jeunes, eux, affirment qu’ils ont été au contraire victimes de violences policières. D’un côté de la barre, les policiers font bloc. « Je n’ai rarement vu autant de violence lors d’une interpellation que ce soir-là », assure l’un d’eux.
 » Dégagez de là, bande d’anarchistes !  »

De l’autre, la défense a retrouvé six témoins de la scène, qui dédouanent unanimement les jeunes. Justine, par exemple, se demande pourquoi elle n’a pas été embarquée comme les autres. Peut-être parce qu’elle ne s’est pas sentie visée quand un policier a crié : « Dégagez de là, bande d’anarchistes ! »
Anarchiste. Le mot est lâché. Ça faisait plusieurs heures qu’on tournait autour du pot sans oser y plonger la cuiller. M e Arzel, l’avocat des policiers, ne veut pas l’entendre : « C’est une affaire de droit commun. » Il ne veut pas entrer dans le débat « sur la conception des uns et des autres du rôle de la police », mais choisit soigneusement ses termes au sujet du maintien de l’ordre « qui est sous monopole et contrôle de l’État ». Et de réclamer une addition 13.000 euros de dommages et intérêts pour les douze policiers qui se sont constitués parties civiles.
Le vice-procureur, Éric Virbel, veut lui aussi évacuer le spectre du complot policier contre des militants anarchistes. « Cette affaire démarre sur le jet d’une bouteille de verre, un point c’est tout. Si la suspecte n’avait pas pris la fuite, rien ne serait arrivé. »
Prison ferme requise

Selon lui, les six jeunes sont coupables « de violences contre des policiers commises en marge d’une manifestation culturelle populaire ». Des « actes graves » qu’il demande de sanctionner par quatre à six mois prison ferme pour cinq prévenus et d’une peine de travail d’intérêt général pour la sixième, dont le casier judiciaire est vierge.
Les avocats, eux, réclament la relaxe pour tout le monde, ou presque. Seule exception pour l’outrage reproché à Clément, qui a reconnu avoir insulté les policiers, ce qui expliquerait le « visage massacré » qu’il a présenté à son avocate à l’issue de sa garde à vue. Pour le reste, le dossier « a été entièrement brodé par la police, mais sans qu’il y ait une véritable enquête de terrain », estime M e Malika Ménard. La défense n’a de cesse de politiser le débat. « Des jeunes qui ne pensent pas comme tout le monde, ça agace », explique M e Simone Brunet qui pointe du doigt la responsabilité du directeur de la police : « Jamais un policier n’a autant cristallisé les tensions de la jeunesse, et pas seulement d’elle. »

Philippe Bonnet

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