300 interpellations lors de la manifestation anti-Otan NOUVELOBS.COM | 05.04.2009

5 avril 2009

« C’est invraisemblable d’aller manifester pour la paix dans le monde et commencer par se servir de barres de fer », a réagi Nicolas Sarkozy, souhaitant que les casseurs soient « sévèrement » punis.

Selon la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, dimanche 5 avril, les forces de l’ordre ont procédé à 300 interpellations en marge du sommet de l’Otan à Strasbourg. Au dernier bilan, la manifestation anti-Otan qui a pris un tour particulièrement violent, a fait une dizaine de blessés. La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé qu’il y avait « quatre blessés du côté des forces de l’ordre, trois gendarmes qui ont été blessés légèrement hier et un policier aujourd’hui, et six manifestants qui ont été blessés dont un certain nombre ont été surtout incommodés par des gaz lacrymogènes », sur la chaîne de télévision France 3.
Au total c’est entre 10.000 militants anti-Otan, dont un millier « particulièrement violents » selon la préfecture, et 30.000 selon les organisateurs, qui ont manifesté hier. Quelque 7.000 manifestants venant d’Allemagne ont été empêchés de se rendre en France et ont été « contenus sur le secteur de Kehl », ville frontalière de Strasbourg, par les forces de sécurité allemande, a ajouté la préfecture.

Punition sévères

Nicolas Sarkozy a souhaité que « les casseurs soient punis avec la plus extrême sévérité » et apporté son soutien aux forces de l’ordre. « C’est quand même invraisemblable d’aller manifester pour la paix dans le monde et commencer par se servir de haches et de barres de fer et s’en prendre à des fonctionnaires qui ne font que leur travail », a-t-il affirmé sur TF1.
Le chef de l’Etat français a dénoncé la présence à l’intérieur de la manifestation de « quelques centaines de voyous, de casseurs allemands, espagnols, français », et il a affirmé que « les dégâts matériels seront indemnisés par les assurances ».
Nicolas Sarkozy a aussi souligné que les fonctionnaires de police, « courageux et parfaitement organisés« , avaient fait « un travail remarquable ».

MAM félicite les policiers

Michèle Alliot-Marie a indiqué que la police avait procédé à des interpellations sans en préciser le nombre. Dans un communiqué publié samedi soir, elle « souligne la qualité des renseignements, l’efficacité de l’organisation mise en place et la réactivité des effectifs engagés sans relâche pendant 72 heures face à plusieurs centaines d’extrémistes déterminés à commettre agressions et exactions« .
Selon elle, les forces de l’ordre « ont démontré leur professionnalisme et leur maîtrise, évitant les conséquences humaines dramatiques que le comportement criminel et condamnable de ces groupes violents aurait pu entraîner ».
Enfin, elle a annoncé qu’elle recevrait « prochainement au ministère les principaux responsables du dispositif pour leur exprimer sa grande satisfaction et sa reconnaissance ».

Black Blocks

Selon la préfecture, les éléments les plus violents » ont incendié en partie un hôtel et une pharmacie ainsi que les anciens locaux de la douane du pont de l’Europe, qui enjambe le Rhin.  Auteurs des violences, une centaine de membres des Black Blocks – militants issus des autonomes allemands – cagoulés et armés de barres de fer, ont pillé et incendié un hôtel Ibis, une pharmacie ainsi qu’un poste de police inoccupé et les bâtiments vides de l’office du tourisme.
Selon Jacques Fernique, conseiller régional des Verts, « rien ne s’est passé comme prévu. Les Black Blocks ont été maîtres du terrain dès le départ et la manifestation a été une espèce de fuite en avant ». Les forces de l’ordre, positionnées dans la zone, ont chargé et repoussé ces manifestants à l’aide de canons à eau et de gaz lacrymogène, alors que la zone était recouverte d’une épaisse fumée noire.

Montée des tensions

En mi-journée, selon le Legal Team des anti-Otan, il y avait 20 blessés, dont un hospitalisé, lors des échauffourées de la matinée. Leurs blessures sont dues à des gaz lacrymogènes et des tirs de flashball, selon cette organisation. La matinée avait commencé avec quelques heurts avec la police mais aussi des moments calmes où les manifestants avaient pris possession de la chaussée avec des chansons et des guitares. La tension était ensuite montée d’heure en heure alors que les manifestants tentaient de rallier le lieu de départ de la manifestation, à la frontière franco-allemande, et étaient empêchés par les forces de l’ordre de traverser un pont.
La secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet, Jean-Luc Mélenchon, fondateur du Parti de Gauche (PG), et le porte-parole du NPA Olivier Besancenot participaient également à cette manifestation.
Les 28 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Otan ont pris part à un sommet de l’Otan samedi matin à huis clos, sommet consacré principalement à l’Afghanistan.

Strasbourg/Otan : entre 10.000 et 30.000 manifestants anti-Otan NOUVELOBS.COM | 04.04.2009

4 avril 2009

Des heurts violents avec les forces de l’ordre ont par ailleurs perturbé le début de la manifestation, en marge du sommet de l’Otan. Un hôtel et la boutique d’une station-service ont notamment été incendiés.

 

Les manifestants réunis à Strasbourg pour protester contre le sommet de l’Otan samedi 4 avril étaient 10.000, dont un millier « particulièrement violents », selon la préfecture, et 30.000 selon les organisateurs.
Environ 7.000 autres manifestants venant d’Allemagne ont été « contenus sur le secteur de Kehl », ville frontalière de Strasbourg, par les forces de sécurité allemandes, a ajouté la préfecture dans un communiqué.

Blessés et interpellations

A Strasbourg, « il y aurait une dizaine de blessés légers parmi les manifestants, dont la plupart ont été pris en charge » par les services d’urgence, selon la préfecture.
La préfecture rappelle que les « les éléments les plus violents » ont incendié en partie un hôtel et une pharmacie ainsi que les anciens locaux de la douane du Pont de l’Europe.
« Plusieurs manifestants ont été interpellés », ajoute la préfecture. La préfecture a encore indiqué qu’en accord avec les organisateurs de la manifestation, « qui ont fait connaître leur volonté de se dissocier des auteurs des actes de violence », le parcours de la manifestation a été raccourci.

Manifestation raccourcie

« Les forces de l’ordre contiennent les manifestants dans le secteur du Pont de l’Europe pour éviter qu »ils ne se dispersent dans les différents quartiers de Strasbourg », a expliqué la préfecture.
Les débuts de la manifestation ont en effet été émaillés de heurts violents avec les forces de l’ordre. Un hôtel près du Pont de l’Europe à Strasbourg a été incendié. Le rez-de-chaussée de cet établissement de 78 chambres appartenant à la chaîne d’hôtels Ibis été entièrement ravagé par les flammes. Les pompiers ont pu intervenir avant que le feu ne se propage à l’étage supérieur.

Groupes violents

Auparavant, peu après midi (10h00 GMT), la boutique d’une station service a été incendiée par des personnes masquées. Un poste de police inoccupé au moment des faits a également été incendié par une centaine de personnes sur la partie française du pont de l’Europe qui traverse le Rhin. Le groupe violent marchait en tête d’un cortège de 3.000 à 4.000 manifestants qui convergeaient pour prendre part à une grande manifestation contre le sommet qui se tenait dans la capitale alsacienne.

Heurts entre police et militants anti-Otan

Un peu plus tôt dans la journée, les manifestants mobilisés contre le sommet de l’Otan se sont violemment affrontés avec les forces de l’ordre. Les heurts ont fait des blessés, victimes de gaz lacrymogènes et de tirs de flashball. Peu après midi, après deux heures de blocage, la police a ouvert l’accès au Jardin des Deux Rives, et un groupe d’une vingtaine de personnes masquées a pillé la boutique d’une station service et incendié un poste de police entièrement vide, près du pont de l’Europe.

Milliers de manifestants

Les manifestants ont commencé à décrocher des drapeaux à l’entrée du territoire français et à saccager le bâtiment en brisant toutes les vitres à coups de pelles et pierres.
Un peu plus tôt, des milliers de personnes commencent à converger vers le lieu du départ prévu de la manifestation anti-Otan, venant de Strasbourg et dela ville allemande voisine de Kehl. Le face-à-face avec la police était déjà particulièrement tendu côté français.
Alors qu’à Kehl, la police souhaitait une « manifestation ensoleillée » aux nouveaux arrivants, côté français entre 2.000 et 3.000 manifestants, selon la police et les manifestants, étaient bloqués par les forces de l’ordre.

Manifestants bloqués

Les policiers empêchaient, en faisant usage de gaz lacrymogènes, les protestataires de rejoindre le lieu de rendez-vous, le Jardin des Deux Rives, sur la rive française du Rhin dans l’est de la capitale alsacienne. « Le pont prévu pour que les manifestants rejoignent le point de départ de la manifestation au Jardin des Deux rives aurait dû être ouvert à partir de 10H00, mais ils ont pris du retard du côté du sommet », a expliqué Christophe Cunniet du Mouvement de la Paix. « La police nous interdit d’aller au Jardin des Deux Rives, on ne comprend pas », a déclaré  un porte-parole de la Legal Team Strasbourg, Alain Charlemoine.

Signes d’impatience

Des manifestants bloqués commençaient à montrer de l’impatience en lançant des cailloux et toutes sortes de projectiles en direction des forces de l’ordre qui répliquaient avec des gaz lacrymogènes. Un bloc d’environ 3.000 manifestants était ainsi isolé et empêché de rejoindre le jardin des Deux Rives, ou d’emprunter un pont voisin, le pont Vauban. Un autre bloc d’environ un millier de manifestants se trouvait au delà du pont.
Selon une source policière, il y a eu 25 interpellations et quatre personnes placées en garde à vue depuis vendredi soir. « Il y a deux types de groupes : des pacifistes et des groupes qui cherchent à en découdre », selon cette source, qui explique que le dispositif policier autour du campement alternatif dans le sud de la ville vise éviter des sorties massives et à juguler les manifestants vers les lieux où ils peuvent accéder. Plusieurs centaines de militants anti-Otan ont été repoussé samedi 4 avril par la police. Ils tentaient de s’approcher du centre de Strasbourg (est de la France) où se tient le sommet de l’Alliance atlantique.

Militants cagoulés

Près du stade de la Meinau, les policiers ont fait usage de nombreux gaz lacrymogènes pour repousser un groupe d’une centaine de manifestants venus du village alternatif.
Des pacifistes « No Nato » (non à l’Otan) qui s’étaient réunis près de l’université ont également essuyé des gaz, dès lors qu’ils tentaient de s’approcher des zones de sécurité du centre-ville. De nombreux ressortissants italiens étaient présents dans ce groupe.
Près du centre administratif, place de l’Etoile, les policiers ont repoussé plusieurs manifestants cagoulés qui convergeaient vers le centre. Ils ont fait reculer 150 manifestants à cet endroit.

Appel à des actions de désobéissance

Les principaux responsables d’organisations anti-Otan pacifiques avaient en effet annoncé pour samedi matin des actions de désobéissance civile dans le centre de la métropole alsacienne, destinées à perturber la tenue du sommet en occupant des axes menant au Palais des Congrès où se réunissent les 28 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance atlantique.
Une manifestation « monstre » doit rassembler des milliers de manifestants le long du Rhin samedi, à l’issue du sommet, à Strasbourg. Les collectifs anti-Otan attendent de 30.000 à 60.000 manifestants.

300 personnes interpellées

Vendredi, de nouveaux heurts violents ont opposé pendant plusieurs heures vendredi les forces de l’ordre et des militants anti-Otan aux abords de leur camp autogéré en périphérie sud de Strasbourg, au cours desquels deux gendarmes ont été légèrement blessés.
La veille, de premiers affrontements avaient entraîné l’interpellation de 300 personnes, dont la quasi totalité ont été relâchées.
L’impressionnant dispositif policier mis en place pour le sommet de l’Alliance atlantique est parvenu vendredi à contenir les multiples tentatives des protestataires de s’approcher du centre-ville.
A Baden-Baden aussi, une manifestation anti-Otan a été entièrement contrôlée par les autorités allemandes.
Deux gendarmes français ont été légèrement blessés dans les affrontements de Strasbourg, selon la gendarmerie.
Pris pour cible par des jeunes encagoulés alors qu’ils progressaient derrière des gendarmes mobiles pour filmer la scène, ils ont été atteints par un tir de pétard ou de fusée et ont été transférés à l’hôpital, mais leur état n’inspire pas d’inquiétude.

Lances à eau et gaz lacrymogènes

Selon un porte-parole d’un groupe anti-Otan tout est parti d’un convoi d’une centaine de manifestants grimés en clowns refoulés vers le campement, alors qu’ils tentaient de se rapprocher du centre de Strasbourg.
Une centaine de « Black Blocks », des militants radicaux, ont alors érigé à l’entrée du campement une barricade avec des poubelles, des conteneurs et des poteaux en bois auxquels ils ont mis le feu.
Ils ont ensuite jeté des galets et des poteaux enflammés sur les gendarmes. Ceux-ci ont chargé à plusieurs reprises et répliqué à coup de lances à eau et de gaz lacrymogènes.
Une centaine de gendarmes ainsi que trois véhicules équipés de lances à eau mis à disposition par la police allemande ont été mobilisés pendant ces heurts qui se sont terminés en début de soirée.
Tout au long de la journée, les gendarmes mobiles et les policiers ont soigneusement évité tout contact direct avec les manifestants, ne procédant à aucune interpellation.
Dans la ville allemande de Baden-Baden, qui accueillait vendredi soir le dîner des 28 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Otan, quelque 500 à 800 manifestants, selon la police et les organisateurs, ont défilé pour leur part en bon ordre et sans heurts, derrière une banderole ornée d’un gros poisson et proclamant « NATO geht Baden Baden » (un jeu de mot signifiant « l’Otan fait naufrage »).
« Soixante ans c’est trop, non à l’Otan », scandaient les militants, dont de nombreux jeunes drapés dans des drapeaux arc-en-ciel.
Très étroitement encadrés par des milliers de policiers anti-émeutes, casqués et équipés d’uniformes de protection –3.000 policiers au total étaient déployés dans la petite ville thermale–, les manifestants se sont vu interdire de s’approcher du centre-ville où la chancelière Angela Merkel a reçu dans l’après-midi le président américain Barack Obama.

Dailymotion – Manif Strasbourg , les CRS caillassent des anti OTAN

4 avril 2009

05-04-09
http://www.dailymotion.com/video/x8vw7c

Intrusions : 120 établissements vont être ciblés NOUVELOBS.COM | 03.04.2009

3 avril 2009

Le gouvernement veut également développer les caméras de surveillance au sein des collèges et des lycées.

Le gouvernement va cibler 120 établissements scolaires qui ont été souvent frappés par des intrusions, indiquent vendredi 3 avril les ministres de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie et de l’Education Xavier Darcos dans un entretien au Parisien.
« Les rectorats ont identifié à ce jour 120 établissements particulièrement concernés par des phénomènes d’intrusion, sur lesquels nous allons cibler notre action », affirme Xavier Darcos, précisant que la « violence importée » est dans 15% des cas « le fait de personnes totalement extérieures à l’établissement ».
Le ministre estime que ce fait est nouveau, « et ce qui l’est aussi c’est que certaines de ces incursions peuvent se faire avec des armes », assure-t-il.
« Le plus souvent avec des armes blanches ou des objets utilisés comme des armes: barres de fer, bâtons… », détaille Michèle Alliot-Marie.
Le ministre de l’Education explique qu’aucune « liste » ne sera publiée. « Il n’est pas question de stigmatiser tel ou tel établissement », dit-il. « L’idée, est que dans ces collèges et lycées on fasse valider ou actualiser le diagnostic de sécurité pour mieux cibler les actions à y mener. »

Vers un lien plus étroit avec la police ?

Xavier Darcos rappelle que depuis 2007 la création de Sivis, un logiciel d’enquête national « permet de mesurer le niveau de la violence scolaire ».
En 2007-2008, 11,8 incidents graves ont été signalés pour 1.000 élèves, avec ce procédé. « Ces actes de violences graves, plus fréquents dans les collèges que les lycées, ont pour 85% d’entre eux été commis par des élèves de l’établissement et pour 36% relevaient de la violence entre élèves, qui sont aussi souvent les victimes », ajoute-t-il.
Le ministre de l’Intérieur soutient de son côté qu’à Paris « depuis la rentrée 1.215 faits ont été commis dans ou aux abords des établissements scolaires » et ont causé 175 interpellations.
Sans « systématiser », Michèle Alliot-Marie veut « développer » les caméras au sein des établissements.
Son collègue de l’Education souligne cependant que « les contrôles humains aux entrées et sorties sont également essentiels ».
« Quant au lien plus étroit avec la police », finit-il, « j’observe qu’en Angleterre, cela ne choque personne de voir un policier en uniforme passer régulièrement dans une école. »

Amnesty dénonce « l’impunité » de la police française NOUVELOBS.COM | 02.04.2009

2 avril 2009

VIOLENCE

Dans un rapport intitulé « France, des policiers au-dessus des lois », l’ONG entend démontrer que les forces de l’ordre bénéficient d’une certaine impunité et craint « l’existence d’un racisme institutionnalisé au sein des organes chargés de l’application des lois en France ».

Amnesty dénonce

Dans un rapport intitulé « France, des policiers au-dessus des lois », Amnesty entend démontrer que les forces de l’ordre bénéficient d’une certaine impunité

(c) Reuters

Dans un rapport publié jeudi 2 avril, Amnesty International dénonce « l’impunité » dont bénéficie en France des membres des forces de l’ordre accusés de graves violations des droits de l’Homme et demande aux autorités françaises de mettre en place un « organe d’enquête indépendant ».
Des requêtes qui bénéficieront de peu d’échos aux ministères de l’Intérieur et de la Justice, qui récusent les accusations de l’ONG.
« Ni le système pénal, ni les dispositifs d’inspection internes de la police, ni la Commission nationale de la déontologie de la sécurité (CNDS) ne répondent totalement aux exigences des normes et du droit internationaux relatifs à l’obligation de mener des enquêtes impartiales, indépendantes et effectives dans les plus brefs délais », dénonce le rapport.

« Aucun policier n’est au-dessus des lois »

En France, les plaintes pour homicides illégaux, passages à tabac, injures racistes et usage abusif de la force par des agents de la force publique « ne sont pas souvent suivies d’enquêtes effectives » et « les responsables de ces actes sont rarement traduits en justice », selon le rapport intitulé « France – des policiers au-dessus des lois ? ».
Une affirmation démentie « formellement » par le porte-parole du ministère de la Justice Guillaume Didier, selon lequel « il y a des enquêtes pénales systématiques et des poursuites si les éléments sont suffisants ».
A l’instar des autres syndicats de police, Yannick Danio de l’Unsa-police (1er syndicat de gardiens de la paix) a jugé « très exagérées » les affirmations d’Amnesty.
David Diaz, directeur adjoint du programme Europe d’Amnesty, dénonce « un système qui favorise l’impunité et nuit à la réputation de la majorité des représentants de l’ordre qui respectent la légalité ». « Aucun policier n’est au-dessus des lois », rétorque de son côté le ministère de l’Intérieur.
Amnesty s’appuie sur une douzaine de cas emblématiques faute de statistiques globales dont l’organisation demande la publication dans un souci de « transparence ».

« Dimension raciste évidente »

Selon Amnesty, la grande majorité des plaintes dont l’ONG a eu connaissance concerne des ressortissants étrangers ou des Français appartenant à une minorité dite « visible ». « La dimension raciste est évidente », accusent les rédacteurs du rapport. « Cette tendance a aussi été constatée avec préoccupation par les organes de défense des droits humains des Nations unies et par la CNDS, et fait craindre l’existence d’un racisme institutionnalisé au sein des organes chargés de l’application des lois en France ».
Par ailleurs, Amnesty International dit avoir aussi constaté un phénomène inquiétant. Les personnes qui protestent ou tentent d’intervenir lorsqu’elles sont témoins de mauvais traitements infligés par des policiers sont elles-mêmes accusées d’outrage envers une personne dépositaire de l’autorité publique ou de rébellion. Dans d’autres cas, des personnes qui se sont plaintes d’avoir subi des mauvais traitements sont accusées de diffamation par les agents concernés.

Faible taux de comparution pour violences policières

L’ONG « pense que ces pratiques peuvent exercer une dissuasion très forte sur les personnes qui essaient d’obtenir justice après avoir été témoins ou victimes de violations des droits humains », assure le rapport. « Elles risquent donc d’aggraver encore le climat d’impunité actuel ».
Préoccupé par le faible taux de comparution en justice des responsables présumés de bavures ou de violences policières, Amnesty préconise la publication de statistiques régulières et exhaustives sur les plaintes pour fautes déposées contre des agents de la force publique, notamment sur les plaintes pour mauvais traitements.
Selon le rapport, ces données incluraient des informations sur le nombre de plaintes pour mauvais traitements et sur les mesures prises en réponse à chaque plainte, les conclusions des éventuelles enquêtes pénales et disciplinaires, des chiffres sur les allégations de violences racistes et des données statistiques sur la nationalité et l’origine ethnique des plaignants.
Des « informations limitées » de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) couvrant les régions extérieures à Paris et sa petite couronne indiquent qu’en 2006 au moins 639 « allégations de faits de violence » ont visé des policiers, aboutissant à 114 sanctions disciplinaires pour « violences avérées » et huit radiations.
De son côté, la chancellerie indique sur la base des casiers judiciaires que 130 condamnations ont été prononcées en 2006 pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique (dénomination ne permettant pas d’isoler les policiers).

« Disparitions de dossiers »

Selon David Diaz, « la France ne respecte pas ses obligations internationales en matière de respect du droit à la vie et de lutte contre la torture et les mauvais traitements ».
Amnesty cite notamment le cas d’Abdelhakim Ajimi, mort le 9 mai 2008 d’une « asphyxie mécanique » à Grasse (Alpes-Maritimes) après avoir été plaqué au sol par des policiers lors de son arrestation.
Malgré l’ouverture d’une enquête pour « homicide involontaire », « les responsables de la mort de mon fils de 22 ans patrouillent encore à Grasse (Alpes-Maritimes) où ils sont supposés représenter l’ordre », témoigne le père de la victime Boubaker Ajimi.
Amnesty souligne également que les procédures pénales sont « très lentes », souvent marquées par des « pertes ou disparitions de dossiers ou d’éléments de preuve ».
Ainsi « plus de quatre ans après on ignore toujours les cause de la mort » d’Abou Bakari Tandia, sans-papiers malien tombé dans le coma en décembre 2004 pendant une garde à vue au commissariat de Courbevoie (Hauts-de-Seine) et décédé un mois plus tard, souligne son avocate Julie Garnier, précisant notamment que la famille a dû porter plainte pour « destruction de preuves » pour avoir accès au dossier médical.
Amnesty s’inquiète également de la « dimension raciste » de certaines de ces affaires.

Le zèle sécuritaire sur le banc des accusés Libération 01-04-09

1 avril 2009

Strasbourg en état de siège. Une ville sous haute surveillance en attendant le sommet de l’Otan.

Police partout, justice nulle part ? C’est un peu la question posée hier au président du tribunal administratif de Strasbourg, saisi de six référés liberté contestant les mesures de sécurité liées au sommet de l’Otan.Me Nohra Boukara, avocate à la Ligue des droits de l’homme, a soulevé à l’audience un lièvre de belle taille : le fichier recensant les 40 000 habitants des zones de sécurité, qui devront porter un badge pour rentrer chez eux, est «un fichier sauvage». La préfecture «a menti aux citoyens en prétendant que ce fichier avait été déclaré» à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), comme elle l’a indiqué dans un communiqué officiel du 10 mars. Il n’y aurait en fait à ce jour qu’un projet d’arrêté d’autorisation ministérielle, déposé à la Cnil en fin de semaine dernière seulement.La représentante du préfet ne conteste pas. Mais elle demande au tribunal de se déclarer incompétent et invite à «relativiser ce qu’il y a dans ce fichier, qui recueille les noms, prénoms et dates de naissance, des éléments que l’on peut trouver à l’Insee». S’y ajoutent toutefois les numéros des documents d’identité des résidents et des personnes hébergées au sein du foyer…Parmi les autres points de litige, l’installation de nouvelles caméras de vidéosurveillance, les périmètres des zones de sécurité et les drapeaux arc-en-ciel anti-Otan. Des policiers sont intervenus aux domiciles de Strasbourgeois pour leur demander de les retirer des fenêtres.Acte isolé et «regrettable», selon la préfecture, qui annonce qu’une enquête est en cours au sein de la sécurité publique. «Personne ne veut porter la responsabilité de cette décision. Elle a dû exister à un moment donné, parce qu’on n’imagine pas la patrouille de base prendre cette initiative», relève le président du tribunal. Il rendra ses décisions aujourd’hui à 14 heures.

Grosse manif anti-Sarkozy à Châtellerault Libération 31-03-09

31 mars 2009

Entre 2.000 et 7.000 personnes ont manifesté à l’occasion du
déplacement du Président dans cette ville de Poitou-Charentes. Une
soixantaine de salariés de l’entreprise Heuliez, menacée de cessation
de paiement en avril, avaient fait le déplacement.

Entre 1.500 à 2.000
personnes, selon la préfecture, et 7.000, selon les organisateurs, ont
manifesté ce matin à Châtellerault à l’occasion de la venue de Nicolas
Sarkozy.
Venus de tout le bassin d’emploi particulièrement
touché par la crise, les manifestants, après s’être rassemblés dans un
quartier de la ville, se sont dirigés à pied vers le parc des
expositions du Chillou, où le chef de l’Etat devait tenir une table
ronde sur le thème «des mesures prises par le gouvernement pour faire face à la crise».

Les
manifestants ont été bloqués à l’entrée du pont ouvrant l’accès au site
du parc des expositions. Des oeufs ont été lancés sur les forces de
l’ordre qui ont riposté par des grenades lacrymogènes. D’autres
incidents ont éclaté au moment de la dispersion, provoquant de nouveaux
tirs de grenades.

Chatellerault était quadrillée par un important dispositif policier, mobilisant 800 à 900 hommes selon la préfecture.

Environ 200 étudiants participaient au cortège, portant des silhouettes humaines noires en carton sur lesquelles était inscrit «Enterrés par la fac Bling-Bling».

Une
soixantaine de salariés de l’entreprise Heuliez de Cerizay
(Deux-Sèvres), menacée de cessation de paiement en avril, a fait le
déplacement. «C’est une action de plus pour continuer à parler d’Heuliez, pour maintenir la pression», a déclaré Emile Bregeon, délégué CFDT d’Heuliez.

De nombreux élus locaux s’étaient joints à la manifestation. «Aucun
élu de l’opposition n’a été invité à la table ronde. En fait, s’était
une table carrée, réservée aux amis de Nicolas Sarkozy»
, a commenté Paul Fromenteil (PCF), vice-président du Conseil régional.

Nicolas
Sarkozy, avant de participer à la table ronde, a visité la Caisse
d’allocation familiale de Châtellerault et s’est rendu ensuite au Pôle
emploi de la ville.

(Source AFP)

« Base élèves » traîné devant l’ONU LE MONDE | 27.03.09

27 mars 2009

« Base élèves » traîné devant l’ONU LE MONDE | 27.03.09 | 15h08  •  Mis à jour le 28.03.09 | 08h38

ls ne sont plus qu’une poignée et pourtant ils résistent. Les opposants à Base élèves 1er degré, du nom du fichier informatisé et centralisé qui stocke les informations recueillies lors de l’inscription de chaque enfant dès l’école maternelle, ne désarment pas. Leur dernière « victoire » : la France sommée d’expliquer par écrit avant le 6 avril aux Nations unies, dans le cadre de la session du Comité des droits de l’enfant, « à quelle mission de service public servira le stockage au niveau national de données nominatives et indiquer les raisons pour lesquelles le droit d’opposition prévu par la loi ne s’applique pas à ce dispositif. Veuillez également informer le Comité (des droits de l’enfant de l’ONU) des conséquences éventuelles que pourrait entraîner le refus des parents de fournir les informations requises sur leurs enfants ».

OAS_AD(‘Middle1′); dans Revue de presse France

Réunis dans un Collectif national de résistance à Base élèves (CNRBE), des parents d’élèves et des enseignants, relayés par la Ligue des droits de l’homme, contestent ce fichier depuis les premières expérimentations lancées en 2004. Ils ont d’ailleurs réussi à le dépouiller des attributs dont il était doté au départ. Mais continuent de se battre pour obtenir sa suppression. Les uns au tribunal – où les premières plaintes contre X… invoquant le non-respect de la loi Informatique et libertés ont été déposées mercredi 25 mars comme à Grenoble et à Millau – les autres dans les écoles autour des « désobéisseurs » qui, en refusant de renseigner la Base, font l’objet de sanctions et de retraits sur salaire. Un recours en annulation a également été déposé au Conseil d’Etat le 22 décembre 2008.

Quand, après des années de fiches cartonnées, le mammouth décide de basculer dans le tout-numérique, il ne se doutait pas que l’affaire soulèverait une telle indignation. Les collèges et les lycées sont dotés depuis 1995 d’un logiciel (Sconet) qui centralise des renseignements familiaux et scolaires sans que cela ait suscité la moindre vaguelette. L’école se révèle plus frondeuse.

« Les collègues ont mis un certain temps à réagir parce que, au départ, Base élèves leur a été présenté comme une réponse à une de leurs revendications : disposer d’un logiciel équipé des mêmes fonctionnalités dans toutes les écoles », se souvient Gérard Courdert, délégué du Syndicat des instituteurs et professeurs d’école (Snuipp-FSU) de l’Ain. « En plus, pour beaucoup d’entre eux, l’ordinateur est souvent arrivé avec le logiciel lui-même », précise Pierre Devesa, directeur d’une école primaire dans le même département.

Le logiciel en question se révèle tout sauf anodin : pour la première fois, les écoles se voient tenues de remplir une base de données indiquant les nom, prénom, adresse de leurs élèves, mais aussi leur nationalité, l’année de leur arrivée en France, le suivi médical ou psychologique dont ils font l’objet, leur handicap éventuel.

Sans que le législateur y ait mis son nez, un fichier centralisé et précis voyait le jour, au moment même où, partout en France, des enseignants prenaient fait et cause en faveur de leurs élèves sans papiers et quand, peu de temps avant, l’idée d’un repérage précoce de la délinquance avait provoqué controverse et indignation.

Prenant acte de la fronde, le ministère plie mais ne cède pas, publiant un arrêté « portant création de Base élèves », en date du 20 octobre 2008, épuré des champs de la nationalité, du handicap, de l’absentéisme, etc. Le ministre, Xavier Darcos lui-même, avait estimé, en juin, que ce fichier était « profondément liberticide ».

Revu et corrigé, Base élèves, qui contient une cinquantaine de renseignements, dote chaque enfant d’un identifiant national élève qui rejoint la Base nationale. Le tout est consultable en partie par la mairie, en totalité par l’inspection académique. Les parents ne peuvent s’y opposer. La plupart des enseignants cèdent sous la pression, quelques-uns résistent contre ce qu’ils jugent être une opération de fichage.

Pour l’éducation nationale, qui a beaucoup souffert de la grève administrative menée pendant des années par les directeurs d’école, il ne s’agit que d’un outil de bonne gestion. Base élèves a déjà permis de rectifier de « plusieurs milliers » l’effectif des enfants inscrits à l’école. Ramené à 6 millions, c’est peu, mais « un élève de plus ou de moins peut impliquer une fermeture ou une ouverture de classe », défend le ministère.

Mais pourquoi des fichiers nominatifs ? Ils peuvent être « utiles en cas de méningite ou de recherches d’enfants ». Ou pour repérer les enfants sans papiers, s’inquiète le Collectif.

Pour ses détracteurs, ce fichier pourrait bien constituer aussi le socle du futur « casier » que risque de traîner derrière lui chaque enfant durant sa scolarité. « L’outil Base élèves est évolutif. La meilleure preuve, c’est qu’il a déjà fait l’objet d’une modification déclarée à la CNIL : elle consiste à pouvoir attribuer le nom d’un enseignant à chaque classe », argumente Christian Drevet, directeur d’une petite école de trois classes à Eydoche, dans l’Isère. Sachant que l’éducation nationale travaille à la mise en place d‘ »un livret scolaire électronique » qui contiendrait le résultat des évaluations individuelles et qu’un fichier national sur le retard scolaire est également en préparation, qu’est-ce qui interdira de connecter tous ces fichiers à travers l’identifiant de l’élève ?

Des parents s’insurgent, comme Vincent Fristot, de Grenoble, à l’origine du recours au Conseil d’Etat, choqué que ce fichier ait été imposé « sans débat démocratique, sans concertation ». C’est comme si « on nous retirait notre autorité parentale », s’indigne Marylou Waligorsk, dans l’Aveyron. « N’importe quel distributeur est tenu de demander notre avis s’il veut constituer un fichier. Pas l’éducation nationale ! », s’insurge Béatrice Koehler, dans l’Ain, qui juge choquant que « grands-parents, amis et nounous » se retrouvent aussi « fichés » à leur insu. Mais il est sans doute trop tard : 80 % des enfants sont déjà inscrits sur Base élèves.

Brigitte Perucca

Article paru dans l’édition du 28.03.09

« Base élèves » traîné devant l’ONU LE MONDE | 27.03.09

27 mars 2009

ls ne sont plus qu’une poignée et pourtant ils résistent. Les opposants à Base élèves 1er degré, du nom du fichier informatisé et centralisé qui stocke les informations recueillies lors de l’inscription de chaque enfant dès l’école maternelle, ne désarment pas. Leur dernière « victoire » : la France sommée d’expliquer par écrit avant le 6 avril aux Nations unies, dans le cadre de la session du Comité des droits de l’enfant, « à quelle mission de service public servira le stockage au niveau national de données nominatives et indiquer les raisons pour lesquelles le droit d’opposition prévu par la loi ne s’applique pas à ce dispositif. Veuillez également informer le Comité (des droits de l’enfant de l’ONU) des conséquences éventuelles que pourrait entraîner le refus des parents de fournir les informations requises sur leurs enfants ».

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Réunis dans un Collectif national de résistance à Base élèves (CNRBE), des parents d’élèves et des enseignants, relayés par la Ligue des droits de l’homme, contestent ce fichier depuis les premières expérimentations lancées en 2004. Ils ont d’ailleurs réussi à le dépouiller des attributs dont il était doté au départ. Mais continuent de se battre pour obtenir sa suppression. Les uns au tribunal – où les premières plaintes contre X… invoquant le non-respect de la loi Informatique et libertés ont été déposées mercredi 25 mars comme à Grenoble et à Millau – les autres dans les écoles autour des « désobéisseurs » qui, en refusant de renseigner la Base, font l’objet de sanctions et de retraits sur salaire. Un recours en annulation a également été déposé au Conseil d’Etat le 22 décembre 2008.

Quand, après des années de fiches cartonnées, le mammouth décide de basculer dans le tout-numérique, il ne se doutait pas que l’affaire soulèverait une telle indignation. Les collèges et les lycées sont dotés depuis 1995 d’un logiciel (Sconet) qui centralise des renseignements familiaux et scolaires sans que cela ait suscité la moindre vaguelette. L’école se révèle plus frondeuse.

« Les collègues ont mis un certain temps à réagir parce que, au départ, Base élèves leur a été présenté comme une réponse à une de leurs revendications : disposer d’un logiciel équipé des mêmes fonctionnalités dans toutes les écoles », se souvient Gérard Courdert, délégué du Syndicat des instituteurs et professeurs d’école (Snuipp-FSU) de l’Ain. « En plus, pour beaucoup d’entre eux, l’ordinateur est souvent arrivé avec le logiciel lui-même », précise Pierre Devesa, directeur d’une école primaire dans le même département.

Le logiciel en question se révèle tout sauf anodin : pour la première fois, les écoles se voient tenues de remplir une base de données indiquant les nom, prénom, adresse de leurs élèves, mais aussi leur nationalité, l’année de leur arrivée en France, le suivi médical ou psychologique dont ils font l’objet, leur handicap éventuel.

Sans que le législateur y ait mis son nez, un fichier centralisé et précis voyait le jour, au moment même où, partout en France, des enseignants prenaient fait et cause en faveur de leurs élèves sans papiers et quand, peu de temps avant, l’idée d’un repérage précoce de la délinquance avait provoqué controverse et indignation.

Prenant acte de la fronde, le ministère plie mais ne cède pas, publiant un arrêté « portant création de Base élèves », en date du 20 octobre 2008, épuré des champs de la nationalité, du handicap, de l’absentéisme, etc. Le ministre, Xavier Darcos lui-même, avait estimé, en juin, que ce fichier était « profondément liberticide ».

Revu et corrigé, Base élèves, qui contient une cinquantaine de renseignements, dote chaque enfant d’un identifiant national élève qui rejoint la Base nationale. Le tout est consultable en partie par la mairie, en totalité par l’inspection académique. Les parents ne peuvent s’y opposer. La plupart des enseignants cèdent sous la pression, quelques-uns résistent contre ce qu’ils jugent être une opération de fichage.

Pour l’éducation nationale, qui a beaucoup souffert de la grève administrative menée pendant des années par les directeurs d’école, il ne s’agit que d’un outil de bonne gestion. Base élèves a déjà permis de rectifier de « plusieurs milliers » l’effectif des enfants inscrits à l’école. Ramené à 6 millions, c’est peu, mais « un élève de plus ou de moins peut impliquer une fermeture ou une ouverture de classe », défend le ministère.

Mais pourquoi des fichiers nominatifs ? Ils peuvent être « utiles en cas de méningite ou de recherches d’enfants ». Ou pour repérer les enfants sans papiers, s’inquiète le Collectif.

Pour ses détracteurs, ce fichier pourrait bien constituer aussi le socle du futur « casier » que risque de traîner derrière lui chaque enfant durant sa scolarité. « L’outil Base élèves est évolutif. La meilleure preuve, c’est qu’il a déjà fait l’objet d’une modification déclarée à la CNIL : elle consiste à pouvoir attribuer le nom d’un enseignant à chaque classe », argumente Christian Drevet, directeur d’une petite école de trois classes à Eydoche, dans l’Isère. Sachant que l’éducation nationale travaille à la mise en place d‘ »un livret scolaire électronique » qui contiendrait le résultat des évaluations individuelles et qu’un fichier national sur le retard scolaire est également en préparation, qu’est-ce qui interdira de connecter tous ces fichiers à travers l’identifiant de l’élève ?

Des parents s’insurgent, comme Vincent Fristot, de Grenoble, à l’origine du recours au Conseil d’Etat, choqué que ce fichier ait été imposé « sans débat démocratique, sans concertation ». C’est comme si « on nous retirait notre autorité parentale », s’indigne Marylou Waligorsk, dans l’Aveyron. « N’importe quel distributeur est tenu de demander notre avis s’il veut constituer un fichier. Pas l’éducation nationale ! », s’insurge Béatrice Koehler, dans l’Ain, qui juge choquant que « grands-parents, amis et nounous » se retrouvent aussi « fichés » à leur insu. Mais il est sans doute trop tard : 80 % des enfants sont déjà inscrits sur Base élèves.

Brigitte Perucca

Article paru dans l’édition du 28.03.09

Comparutions immédiates de manifestants après le 19 mars : Rapide Compte rendu de l’audience Codelib dimanche 22 mars 2009

22 mars 2009

Rapide Compte rendu de l’audience du 20 mars 2009.

http://www.codelib.info/2009/03/comparutions-immediates-de-manifestants.html

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